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C’est un texte qui a fait l’unanimité chez les parlementaires présents. Avec une enveloppe colossale de 114 838,5 milliards de FCFA, le nouveau PND se fixe un cap audacieux : propulser le revenu par habitant à 4 500 dollars d’ici 2030. Pour y parvenir, l’État mise sur six piliers stratégiques, notamment l’agro-industrie, le capital humain et la sécurité.
Pourtant, derrière ces chiffres vertigineux, un détail cristallise les débats : l’origine des fonds. Le secteur privé doit supporter 70,2 % de l’investissement global. Pour le docteur Ahoua Don-Mello, qui a publié une analyse critique la veille, cette dépendance est le signe d’une « faiblesse de l’État dans le financement de son propre plan ».
Selon l’expert, cette part du lion laissée aux investisseurs, majoritairement des multinationales, risque de reproduire les erreurs du passé. Il souligne que ces grands groupes se concentrent souvent sur l’extraction de matières premières et les marchés publics, sans créer de véritable valeur ajoutée locale. « La transformation est réservée à leurs propres industries situées hors du continent », déplore-t-il dans sa note.
Sur le terrain, le décalage est palpable. Si la restructuration de l’économie progresse, le secteur tertiaire (télécoms, banques, transports) accapare 44 % de la richesse nationale, mais au profit de groupes internationaux. Pour le citoyen lambda, le bilan social reste mitigé. L’analyse de Don-Mello pointe une érosion continue du pouvoir d’achat et un accès toujours précaire aux services de base comme l’eau potable ou l’électricité.
Pour inverser la tendance, la note suggère une thérapie de choc : rompre avec le « résultat de façade » pour bâtir une souveraineté réelle.
Face aux incertitudes de la géopolitique mondiale, la solution passerait par l’émergence d’acteurs locaux forts. Pour Ahoua Don-Mello, il est impératif d’ajuster le tir afin de « produire de véritables capitaines locaux d’industries »
L’enjeu est double : sécuriser l’économie nationale et offrir des perspectives concrètes à la jeunesse. Sans cette volonté de placer les entrepreneurs ivoiriens au cœur du dispositif, le développement « inclusif et durable » promis par ce nouveau plan de 114 000 milliards pourrait, une fois de plus, rester un horizon lointain pour la majorité des populations.
J.F.PAGNI