Dans une interview accordée à Supersport, il rappelle les innovations dont la première concerne les sanctions. Désormais après 3 cartons jaunes, explique-t-il, le joueur sanctionné sera suspendu, alors que dans le passé c’était 2 cartons. Au-delà, il indique aussi que la Ligue a décidé d’offrir aux clubs 200 tickets gratuits par match pour leurs supporters. « C’est notre contribution pour les aider à déplacer leurs supporters. La Lpf avec la caution du président de la Fif Idriss Diallo a jugé utile de les encourager dans ce sens. C’est un sacrifice énorme que fait la Fif. Car, cela fait au total 3600 tickets pour la Ligue 1 sans oublier la Ligue 2. Alors que cela n’est pas notre rôle », dit-il. Salif Bictogo affirme que le retard connu dans le démarrage du championnat de Ligue 1 est lié au fait que la Fif a estimé que la Côte d’Ivoire ayant 4 clubs engagés en compétition Caf, il fallait donner la chance à ces équipes de négocier leur match avec le soutien des autres clubs. Ce qui explique le décalage du début de la Ligue 1 d’une semaine. Soit le 22 septembre au lieu du 14. A la même date que la Ligue 2. « Donc nous avons fait d’une pierre deux coups avec une cérémonie d’ouverture combinée pour les deux championnats », explique-t-il.
Interrogé sur la décision du Tribunal arbitral du sport (Tas) qui a amené la Fif à intégrer Inova sporting club (Isca) en Ligue 1 et à rétrograder l’Africa sports d’Abidjan en Ligue 2, le président de la Lfp, s’est voulu rassurant. « Vous savez, on ne commente pas les décisions de justice. Le report du championnat à aucun moment n’a été lié à cette histoire. C’est une décision de justice que nous respectons », a-t-il dit, avant d’expliquer pourquoi la Fif n’a pas organisé une assemblée générale extraordinaire afin de porter le nombre de clubs en Ligue 1 à 18 afin de maintenir l’Africa au sein de l’élite : « La Ligue 1 était à 14 équipes auparavant. Nous avons énormément fait d’effort en passant à 16. Vous voyez que même le championnat de France est passé de 20 à 18 clubs. J’insiste. Lorsqu’une décision est prise, elle fera toujours des heureux et aussi des malheureux ».
Salif Bictogo invite les observateurs du football ivoirien à « se référer à la première saisine du Tas par Isca, de ne pas rejouer le match contre Yamoussoukro ». « Cela avait été rejeté. Mais le dossier a été étudié dans le fond. Et Isca est allé rejouer le match. En clair, les textes sont les mêmes pour tout le monde. Donc je crois qu’il faut relativiser. C’est la conséquence du match rejoué qui a propulsé l’Africa en Ligue 1. Maintenant, le classement change. Donc, tout change. Pour vous dire que nous n’allons pas refaire le monde pour ça », insiste-t-il.
Pour le président de la Ligue professionnelle de football la rétrogradation de l’Africa en Ligue 2 est consommée. « Si vous prenez le classement aujourd’hui, les choses sont claires. Je le répète, notre règlement est clair. Les deux derniers de la Ligue 1 sont relégués. Tandis que les deux premiers de la Ligue 2 sont promus. Vous vous souvenez de l’année où l’Es Agboville a été championne de la Super D3. Et après avoir fêté son titre, le club a vu cette victoire lui être retirée pour des faits établis. Et c’est Don Koff qui a été promu à sa place. Ce sont des faits qui sont coutumiers dans le sport », fait-il remarquer. M. Bictogo rappelle que ce n’est pas la première fois que le football ivoirien se trouve confronté à ces genres de problème. Il soutient que le football ivoirien ne peut progresser « si nous ne respectons pas nos propres textes ».
De son bilan à la tête de la Lpf, Salif Bictogo explique qu’il appartient aux dirigeants de clubs de faire l’évaluation. « A notre niveau, nous nous attelons à ce que les compétitions soient bien organisées et se déroulent selon les calendriers établis. Cela a été le cas l’année dernière. Nous comptons respecter les calendriers de la saison 2024-2025. Nous sommes déjà à la tâche pour l’exercice 2025-2026. En clair, c’est le respect du calendrier qui est important pour nous avant tout », indique-t-il, précisant que la Lpf jouit d’une autonomie administrative que lui confèrent les statuts par une délégation du Comité exécutif de la Fif dont il fait partie. « Nous n’avons pas les mains liées comme ils le disent. Mais il faut préciser que dans nos Fédérations, nous avons l’unicité des caisses. C’est tout simplement que nous n’en sommes pas encore arrivés à un niveau où la Ligue cherche des sponsors pour son compte. Et où le président de la Ligue est élu par ses pairs. Lorsque ce sera le cas, la Lpf aura une autonomie totale », assure le président de la Lpf.
A.KONE