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L’ancien ailier a vécu la décennie des Éléphants de l’intérieur. Il a aussi observé de près l’édition 2023 organisée en Côte d’Ivoire, une Can renversante où le pays a tremblé, douté, puis triomphé. Gervinho a suivi chaque retournement et n’a jamais cessé de croire que cette équipe pouvait garder la coupe à Abidjan.
Aujourd’hui, alors que la Côte d’Ivoire prépare la Can 2025, il regarde cette nouvelle génération avec lucidité et optimisme. Selon lui, le groupe est jeune, talentueux, capable de se dépasser quand tout se joue. Il voit aussi la patte d’Emerse Faé, un sélectionneur dont il salue la constance et la force de caractère. Comme un passage de relais entre deux époques, Gervinho est convaincu que l’histoire peut se répéter.
Interrogé sur les premières images qui lui reviennent, Gervinho ne tourne pas autour du pot. « La fierté. Immense. Ensuite la joie. Une joie qu’on ne vit pas souvent dans une carrière. Et puis le retour au pays… voir ce peuple qui attendait ce titre depuis des décennies. Là, j’ai compris ce que ça représentait. Revenir avec la coupe, c’était rendre quelque chose au pays. Ces images ne partiront jamais. », confie-t-il dans un entretien accordé à, Cafonline.com.
« Je revivrais la finale sans hésiter »
Si un moment devait être rejoué, ce serait évidemment la finale.
« Mais avant ça, on a eu un premier tour très compliqué. Le coach a fait un travail énorme. Il a trouvé les mots, pris des décisions fortes, changé un système installé depuis longtemps. On a vécu une vraie aventure humaine. Cette force collective nous a portés jusqu’au titre. » Même le carton rouge contre la Guinée, vécu comme une gifle à l’époque, prend aujourd’hui un autre sens.
« Sur le moment, c’était dur. Mais avec le recul, je pense que ça a soudé le groupe. Ça a obligé chacun à se remettre en question. Moi le premier. Finalement, ce moment difficile pour moi a fait grandir l’équipe. »
Une CAN 2023 vécue intensément
Gervinho était présent pour la dernière édition, au pays.
« J’allais au stade pour chaque match de la Côte d’Ivoire. J’ai vu ce que le pays a mis en place. Le président Yacine Idriss Diallo et toutes les autorités ont donné les moyens pour organiser une CAN de haut niveau. Malgré les moments compliqués, l’équipe n’a jamais lâché. Elle s’est qualifiée dans la douleur, puis elle a montré qu’elle voulait garder la coupe. Le pays a vibré comme jamais. » Pour lui, la différence entre sa génération et l’actuelle est nette.
« Nous avions de la maturité et beaucoup d’expérience. Aujourd’hui, c’est plus jeune, plus instinctif. Le football a évolué, il est plus rapide et plus exigeant. Ce sont deux équipes différentes, chacune avec ses forces. »
Les atouts des Éléphants version 2025
Gervinho cite d’abord les individualités, un marqueur du football ivoirien depuis toujours. Mais ce n’est pas le cœur du sujet. « Le vrai atout, c’est le collectif. Lors de la CAN 2023, on l’a vu. Quand l’esprit de groupe a pris le dessus, tout s’est aligné. Les individualités se sont mises au service du collectif. Certains joueurs se sont dépassés pour le pays, même en infériorité numérique. Cette motivation, je ne l’oublie pas. »
Emerse Faé, un sélectionneur respecté
L’ancien international ne cache pas son admiration.
« Il mérite d’être félicité. Personne ne s’attendait à ce qu’il réalise un parcours pareil. Il a gardé sa ligne, tenu des positions fortes, et il a su tirer le meilleur de ses joueurs dans des moments tendus. Ce qu’il a fait mérite beaucoup de respect. »
Un groupe relevé pour 2025
La Côte d’Ivoire affrontera le Cameroun, le Gabon et le Mozambique.
« En Afrique, tous les groupes sont difficiles. On le sait depuis toujours. Le plus important, c’est de passer le premier tour. Avec les qualités de cette équipe, je pense qu’ils ont tout pour s’en sortir. Et les gros matchs, ça motive. Ce sont ces rendez-vous qui créent les grands joueurs. »
Pour Gervinho, le progrès est réel. « Il y a plus de compétitions, surtout chez les jeunes. Ça aide à garder le rythme. Mais il faut que les championnats locaux gagnent en régularité. C’est là que le continent doit avancer. Organisation, investissement, infrastructures. Si on améliore ça, le niveau général va monter encore. »
Son rêve pour 2025
Quand on lui demande quel titre il aimerait lire dans les journaux, il répond sans réfléchir. « La Côte d’Ivoire, encore championne d’Afrique. Ce serait la plus belle des récompenses. »
Source cafonline.com