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L’émission, initiée par Rebecca Yao, experte en genre et présidente de l’ONG Femmes Ivoiriennes en Politique, s’impose déjà comme un rendez-vous majeur.
Pour la première fois, les aspirants à la magistrature suprême sont interrogés exclusivement par des spécialistes des droits et des politiques féminines, dans un cadre où la transparence et les engagements concrets priment sur les slogans.
La faible représentation des femmes en politique a été largement débattue. Jean-Louis Billon a dénoncé « le maigre bilan du régime sortant, avec seulement 36 femmes députées sur 255 » et promis de se battre pour une véritable parité.
Henriette Lagou, elle, a plaidé pour une application stricte de la loi, réclamant des listes « zébrées » – une femme, un homme – ainsi qu’une équité dans les nominations aux postes à responsabilité.
Violences et justice
Face à la recrudescence des violences faites aux femmes, Billon a observé une minute de silence en mémoire des victimes, avant de promettre des sanctions systématiques contre les auteurs. Lagou a insisté sur le renforcement des brigades spécialisées et la prévention, tandis qu’Ahoua Don Mello a appelé à « déconstruire les préjugés sociaux » pour protéger durablement les femmes.
Autonomie économique
Pour les femmes rurales et celles du secteur informel, les trois candidats ont proposé des mesures concrètes. Billon a évoqué la lutte contre le racket et une meilleure organisation des marchés. Lagou a misé sur la mécanisation agricole et les transports. Don Mello, lui, a proposé la rémunération du travail domestique, le qualifiant de « service public ». Il a également plaidé pour une industrie pharmaceutique nationale afin d’améliorer la santé maternelle.
Pour Rebecca Yao, les promesses ne suffisent plus. « Les femmes ivoiriennes attendent des actes, pas des slogans », a-t-elle averti.
Alors que les prochains invités annoncés sont Alassane Ouattaraet Simone Ehivet Gbagbo, les regards se tournent désormais vers eux. La voix des femmes, cette fois, s’invite pleinement au cœur du débat présidentiel.
Axel KONE