Selon lui, la situation actuelle trouve son origine dans une politique volontariste d’accès à l’électricité engagée sous la présidence de Alassane Ouattara. « L’objectif était de permettre au plus grand nombre d’Ivoiriens d’être raccordés le plus rapidement possible », explique-t-il.
Ce cap a conduit à des investissements massifs pour électrifier de nouvelles localités et renforcer les capacités de production, aujourd’hui plus que doublées. Mais cette dynamique a une contrepartie : le système fonctionne désormais à la limite de ses capacités techniques.
« Tant qu’il n’y a pas d’incident majeur, le réseau tient. Mais dès qu’un événement exogène survient, cela crée un déséquilibre », souligne Noumory Sidibé. Contrairement à certains pays qui limitent les nouveaux raccordements en attendant des infrastructures suffisantes, la Côte d’Ivoire a fait le choix inverse.
À travers le Programme électricité pour tous (PEPT), près de 500 000 nouveaux abonnés sont raccordés, accentuant la pression sur le réseau de distribution. « Cela signifie que nous sommes à la limite de capacité », insiste-t-il.
À cette contrainte structurelle s’ajoutent des facteurs conjoncturels. Depuis plusieurs années, le pays fait face à des épisodes de chaleur intense, entraînant une forte hausse de la consommation électrique. Résultat : la demande dépasse régulièrement les prévisions établies.
Les projections du secteur, établies dans le cadre des plans directeurs couvrant la période 2022-2040, reposaient sur une croissance annuelle de 6 à 8 %, déjà jugée élevée. Mais la réalité dépasse ces estimations. « En février, nous avons enregistré une hausse de 14 % de la demande par rapport à l’année précédente », révèle le directeur général.
Malgré ces tensions, Noumory Sidibé se veut rassurant sur un point : la production d’électricité n’est pas en cause. « Nous disposons de capacités suffisantes, avec même une marge », affirme-t-il. Le véritable défi se situe donc au niveau du réseau de transport et de distribution, appelé à être renforcé pour absorber une demande en forte croissance.
En filigrane, ces explications mettent en lumière un dilemme : concilier un accès élargi à l’électricité avec la nécessité d’investir rapidement dans des infrastructures capables de suivre le rythme. Un enjeu majeur pour un pays engagé dans une dynamique de croissance soutenue.
Axel KONE