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Ce projet politique n’est pas le fruit du hasard. Il intervient après des semaines de concertations, notamment avec le président Laurent Gbagbo lui-même. Plusieurs sources proches du PPA-CI révèlent que l’ancien chef d’État et son entourage, en particulier son épouse Nadi Bamba, ont catégoriquement refusé l’idée de faire d’Ahoua Don Mello un plan B du parti si jamais Gbagbo était empêché de se présenter.
Pour rappel, ce dernier, tout comme Tidjane Thiam, a été radié de la liste électorale, une décision qui exclut de fait deux poids lourds de l’opposition du scrutin présidentiel d’octobre prochain. Écarté du dispositif officiel du PPA-CI mais conscient de l’urgence d’offrir une alternative crédible à l’électorat de gauche, Ahoua Don Mello a décidé de tracer sa propre voie.
Le Mouvement Souverainiste de Côte d’Ivoire (MS-CI), qu’il présentera dans quelques jours, se veut un mouvement d’ancrage souverainiste, porteur des idéaux de justice sociale, d’indépendance nationale et de panafricanisme. Il entend rassembler toutes les forces progressistes, patriotiques et révolutionnaires mises à l’écart par les grandes formations politiques traditionnelles.
Né en 2025 à l’initiative de Don Mello, le MS-CI se positionne comme une force politique alternative issue de la gauche patriotique. Il revendique une orientation résolument anti-impérialiste, sociale et panafricaine, avec pour ambition de redonner à la Côte d’Ivoire la pleine maîtrise de son destin politique, économique et culturel. Le mouvement vise à fédérer aussi bien les anciens militants du FPI et du PPA-CI que les jeunes, les intellectuels engagés et les citoyens désillusionnés par les clivages politiques traditionnels.
À ses côtés, on annonce la présence de plusieurs personnalités politiques issues de la galaxie de l’opposition ivoirienne. Certains sont d’anciens ministres ou cadres influents du FPI, du PPA-CI ou de mouvements citoyens de la diaspora, tous réunis autour d’un même constat : l’opposition traverse une crise de leadership et doit se réinventer face à un RHDP solidement installé au pouvoir depuis 2010.
Avec ce mouvement, Ahoua Don Mello veut incarner cette renaissance. L’homme, connu pour son éloquence, sa rigueur intellectuelle et son attachement aux valeurs de souveraineté, espère mobiliser une frange importante de l’électorat, notamment les jeunes, les ouvriers, les ruraux, et les anciens militants de gauche.
Le lancement du MS-CI pourrait ainsi marquer un tournant majeur dans le paysage politique ivoirien. Non seulement parce qu’il repositionne Don Mello comme un acteur incontournable de la présidentielle à venir, mais aussi parce qu’il relance le débat sur la représentativité, la légitimité et le renouvellement de la classe politique. Dans un pays où les tensions ethno-politiques et les frustrations sociales demeurent vives, l’émergence d’une nouvelle voix forte à gauche pourrait rebattre les cartes et redonner de l’espoir à une opposition fragilisée.
À quelques mois du scrutin, une chose est sûre ; la bataille pour la conquête du pouvoir en Côte d’Ivoire est loin d’être jouée, et l’entrée en scène de Ahoua Don Mello avec le MS-CI vient rappeler que la politique ivoirienne est toujours capable de rebondissements inattendus. »
A.KONE