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A l’occasion, l’ancien chef de l’État, qui faisait sa première prise de parole en public depuis sa reconduction à la tête du parti des peuples africains-Côte d’Ivoire, en mai dernier, a réitéré son engagement en faveur d’un dialogue politique avec le pouvoir d’Abidjan. « Je n’ai pas de ligne rouge à ne pas franchir dans un dialogue avec le pouvoir », a assuré Laurent Gbagbo. L’ancien chef de l’État se prononçait en effet sur le Pacte social, une initiative qu’il a lui-même lancée fin juin, dans l’optique de répondre aux préoccupations des populations et de proposer une nouvelle orientation pour le pays.
Cette main tendue de Laurent Gbagbo intervient alors que le climat politique ivoirien est marqué par d’importantes manœuvres institutionnelles à l’approche des prochaines échéances électorales. Le 7 mai dernier, le gouvernement ivoirien a annoncé, en Conseil des ministres, la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), l’organe électoral vivement contesté par l’opposition, ouvrant la voie à un vaste chantier de réforme électorale.
C’est pour définir les contours de ce futur mécanisme que le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, avait convié la classe politique ivoirienne et les organisations de la société civile à une réunion d’information, le 22 juin dernier.
Ce jour-là, le chef du gouvernement ivoirien a présenté un projet de réforme structurelle majeur, prévoyant la division du processus électoral en trois organes distincts, une méthode qui suscite depuis de vifs débats au sein de l’opposition.
Les raisons du boycott du PPA-CI le 22 juin
Faut-il le souligner, le parti de Laurent Gbagbo avait brillé par son absence à cette rencontre qui a enregistré les présences des principaux partis d’opposition, notamment le PDCI-RDA de Tidjane Thiam, le FPI de Pascal Affi N’guessan, le MGC de Simone Gbagbo ou encore le COJEP de Charles Blé Goudé.
Cette absence du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire a cette réunion d’orientation avait suscité une vive polémique au sein des réseaux sociaux. Profitant de l’occasion de la conférence de presse qu’il a animée ce jeudi, l’ancien chef de l’État a saisi l’occasion pour clarifier les choses :
« Nous avons reçu la lettre d’invitation nous convoquant à une rencontre le lundi 22 juin 2026. Nous avons répondu le même jour pour connaître les raisons de cette rencontre ou son ordre du jour. Malheureusement, nous n’avons reçu aucune réponse jusqu’à ce jour », a-t-il expliqué.
Malgré ce rendez-vous manqué, Laurent Gbagbo a confirmé avoir pris connaissance, par des voies indirectes, de la teneur des discussions gouvernementales axées sur l’architecture du prochain mécanisme électoral. « C’est plus tard que nous avons entendu que les discussions ont porté sur la réforme électorale », a-t-il déclaré.
Loin de rompre les ponts, le leader de l’opposition a indiqué que son équipe était en train d’analyser les propositions de l’exécutif. « Le moment venu, nous donnerons notre avis et vous en serez informés », rassuré le président du PPA-CI.
Alors que la quasi-totalité des partis d’opposition plaident en faveur de l’ouverture d’une table ronde en vue de discuter des modalités de mise en place de cette nouvelle plateforme électorale, le gouvernement, par la voix de son porte-parole, Amadou Coulibaly, réaffirme que les débats autour de la mise en place du prochain organe électoral se tiendront à l’Assemblée nationale.
J.F.PAGNI