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Dans ses propos, ce jeudi 17 avril 2025, à l’occasion d’une conférence de presse qu’il a animée au siège de son parti à Abidjan, l’ancien Premier ministre ivoirien a dénoncé une équipe dirigeante de la Commission électorale indépendante qui, selon lui, a perdu toute crédibilité pour mener à bien le processus électoral devant aboutir à une élection transparente et apaisée.
« La CEI actuelle a fait la preuve de son incapacité à conduire un processus électoral transparent en vue d’une élection crédible et apaisée. Elle doit en tirer les conséquences et démissionner », a déclaré Pascal Affi N’Guessan. Accusant la CEI et son président, Coulibaly-Kuibiert, de s’être inscrits dans une posture de décrédibilisation et de diabolisation des partis politiques de l’opposition vis-à-vis de l’opinion publique, il a ajouté :
« Cette CEI a totalement perdu notre confiance. Elle s’est engagée dans une bataille contre l’opposition, alors que les partis politiques sont des institutions permanentes. Les présidents de la CEI passent, mais les partis demeurent. M. Kuibiert n’est pas le premier à diriger la CEI. Avant lui, il y a eu le doyen Camille Goguié, le président Youssouf Bakayoko, entre autres », a-t-il souligné.
Pour Affi N’Guessan, M. Kuibiert se croit à la tête d’une juridiction : « Il n’a pas honte de s’exposer avec tant d’incongruités. Il a montré qu’il ne peut plus assumer cette fonction dans l’intérêt de tous. Il doit partir, avec toute son équipe, qui a démontré son incompétence à organiser des élections transparentes et crédibles. »
Le FPI rejoint le PDCI et le PPA-CI
Avec ce retrait des organes de la CEI, le Front populaire ivoirien rejoint officiellement le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) de Laurent Gbagbo et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) de Tidjane Thiam. Ces deux principaux partis de l’opposition avaient annoncé, le vendredi 11 avril dernier, la suspension de leur participation à toutes les activités de l’organe électoral, dénonçant une CEI inféodée au pouvoir en place et incapable de conduire un processus électoral crédible.
Soutenus par la quasi-totalité des partis de l’opposition, ils remettent en cause la crédibilité de la liste électorale, au motif de graves irrégularités qu’elle contiendrait. Le PDCI, le PPA-CI et le FPI réclament notamment : l’ouverture urgente d’un dialogue politique afin d’éviter une nouvelle crise ; la réforme de la CEI pour en garantir l’indépendance ; un audit du fichier électoral.
« Cette équipe a perdu la confiance des partis de l’opposition. Si les acteurs n’ont pas confiance, l’élection ne peut pas se dérouler dans la transparence. La question de la confiance est au centre de nos relations avec la CEI. Les partis significatifs de l’opposition ont retiré leur confiance en cette institution. Le PPA-CI l’a fait, le PDCI l’a fait, et nous le faisons aujourd’hui. Cette équipe n’a plus de raison d’exister », a conclu Pascal Affi N’Guessan.
« Nous ne sommes inféodés à aucune chapelle politique »
La Commission électorale, chargée de préparer l’élection présidentielle du 25 octobre, a toujours rejeté ces critiques. « Nous ne sommes inféodés à aucune chapelle politique. Nous ne sommes l’adversaire de personne. Notre rôle est d’appliquer les règles édictées par la Constitution et les lois de la République », s’était défendu, à la mi-mars, le président de la CEI, Ibrahime Kuibiert Coulibaly.
Face aux responsables des confessions religieuses, mercredi, il a dénoncé « un manque de cohérence et de bonne foi » de la part des partis politiques de l’opposition, soulignant que toutes les décisions prises dans le cadre de la conduite du processus électoral l’ont été de commun accord avec l’ensemble des parties prenantes.
J.F.PAGNI