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À quelques jours de la grève de 72h dans le primaire et le secondaire annoncée par l’Intersyndicale du Ministère de l’Éducation Nationale et de l’Alphabétisation (IS-MENA), prévue du 15 au 17 octobre 2024, les enseignants ivoiriens se montrent divisés quant à la démarche à suivre pour obtenir l’instauration de leur prime.
Les enseignants, par le biais de l’IS-MENA, réclament depuis plusieurs années une amélioration de leurs conditions de travail. Lors des états généraux de l’éducation tenus en 2021, sept de leurs 82 revendications avaient été validées. Cependant, à ce jour, seulement deux d’entre elles ont été mises en œuvre : la suppression des cours du mercredi et l’abrogation de l’arrêté interdisant l’appartenance des directeurs d’école à un syndicat. Les cinq autres revendications, parmi lesquelles figure l’octroi d’une prime d’incitation pour le personnel éducatif, restent en attente.
Cette situation a conduit l’IS-MENA à déposer un préavis de grève. Ce mouvement de protestation devait concerner l’ensemble des enseignants du préscolaire, primaire, secondaire ainsi que le personnel administratif. Mais, tous les syndicats ne sont pas d’accord avec cette décision.
Le Mouvement des Instituteurs pour la Défense de leurs Droits (MIDD), par la voix de son secrétaire général Paul Gnobo, a exprimé son opposition à la grève. « Le MIDD n’est pas en grève. Nous préférons continuer les négociations avec le gouvernement. Faites confiance à votre syndicat et à Madame le ministre, qui suit de près nos préoccupations », a-t-il déclaré à l’issue d’une rencontre avec la Ministre de tutelle ce dimanche 13 octobre 2024. Pour lui, il est possible de revendiquer sans pour autant recourir à des manifestations ou arrêts de travail.
Le Syndicat National de l’Enseignement Primaire Public de Côte d’Ivoire (SYNEPPCI) partage cette position. Ernest Koutou, premier secrétaire général adjoint, a également affirmé que son organisation privilégiait la négociation. « Nous avons rencontré nos secrétaires généraux régionaux et avons décidé de ne pas suspendre les cours. Le comité national de dialogue social de la fonction publique a été mis en place pour poursuivre les discussions, et nous voulons donner une chance à ce processus », a-t-il expliqué.
Même son de cloche du côté du Collectif des Syndicats de l’Enseignement du 1er Degré (CSE-ID), qui avait initialement signé le préavis de grève. Finalement, le collectif a décidé de se retirer du mouvement. « Nous avons obtenu des avancées par la négociation. Il faut laisser le temps à l’État de réfléchir et de trouver des solutions durables. Nous en discuterons avec nos camarades lors d’une réunion prévue ce lundi 14 octobre », a précisé Jérôme Ourizalé, porte-parole du collectif.
Ces trois organisations, qui, selon eux, représentent près de 80% du corps enseignant, se sont donc désolidarisées du mouvement de grève, estimant que la voie du dialogue avec le gouvernement reste la meilleure option.
Huit organisations syndicales, bien qu’ayant reçu l’invitation de la ministre pour cette rencontre du 13 octobre, se sont illustrées par leur absence. Il s’agit des organisations suivantes : CEPENSI, ESEF-CI, FESAPPCI, SYNESCI, FEFR-CI, MESEF-RS, COSEF-CI et PFEF.
La ministre de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation, Mariatou Koné, s’est réjouie de la décision de ces syndicats de poursuivre les négociations. Lors de la rencontre avec les enseignants, elle a rappelé son engagement à améliorer les conditions de travail du personnel éducatif. « Mon objectif est de valoriser la fonction enseignante et d’en faire un pilier essentiel pour le rayonnement de notre école », a-t-elle déclaré.
Alors que le dialogue semble apaiser les tensions du côté de certains syndicats, la question reste de savoir si les autres maintiendront leur appel à la grève ou si la voie des négociations finira par réunir toutes les parties autour d’un consensus.
E.K.