|
Getting your Trinity Audio player ready...
|
En première instance, il avait été condamné à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs. Si aucun centime d’argent libyen n’a été retrouvé dans ses comptes de campagne, la cour avait reconnu l’existence d’un pacte corruptif, mettant en cause Claude Guéant.
Malade, l’ancien secrétaire général de l’Élysée Claude Guéant ne peut assister ce mercredi au procès en appel sur un financement libyen présumé de la campagne présidentielle de 2007. Mais il a adressé deux courriers à la cour d’appel, datés des 11 et 26 avril : sans porter d’accusations ouvertement incriminantes, Claude Guéant y contredit l’ancien président et fissure le front uni présenté en première instance devant le tribunal correctionnel, qui les avait condamnés à six et cinq ans de prison. « Nicolas Sarkozy se trompe », voilà en substance ce que Claude Guéant, son ancien bras droit, veut signifier à la cour d’appel à travers un nouveau courrier de trois pages qui sera lu à l’audience ce mercredi.
Alors que les deux hommes défendaient une même version des faits en première instance, l’ancien président de la République avait surpris il y a quelques semaines en estimant que son ex-collaborateur avait commis une erreur. Il aurait omis de l’informer d’un certain nombre de rencontres ou de discussions, notamment avec Mouammar Kadhafi.
Claude Guéant est soupçonné d’avoir reçu 500 000 euros de la part de l’État libyen pour le compte de l’ancien président de la République. Mais à la barre, ce dernier avait remis en question la probité de son bras droit. « Je n’ai jamais fait que servir de mon mieux Nicolas Sarkozy », s’était défendu Claude Guéant dans une première attestation, lue à l’audience plus tôt au mois d’avril. Cette fois-ci, il dément d’autres déclarations de l’ex-chef d’État, des approximations dont il s’étonne compte tenu, dit-il, des facultés de mémoire exceptionnelles de Nicolas Sarkozy. L’ancien secrétaire général à la présidence nie toujours le « pacte de corruption » auquel l’accusation lui reproche d’avoir participé pour le compte de Nicolas Sarkozy. Dans son attestation, Claude Guéant évoque un dîner avec Kadhafi. «Je m’insurge contre son démenti, […] je ne confonds pas», persiste Claude Guéant
Nicolas Sarkozy dément formellement avoir appelé Claude Guéant à table, lors d’un dîner le 25 juillet 2007 à Tripoli, en Libye. À ce moment-là, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi aurait exprimé ses inquiétudes quant au mandat d’arrêt international émis par la France contre son beau-frère Abdallah Senoussi pour l’attentat contre l’avion DC-10 d’UTA. « Je suis désolé de dire que là encore Nicolas Sarkozy se trompe. Je m’insurge contre son démenti, et confirme ce que j’ai déclaré dans ma précédente attestation. Nicolas Sarkozy indique que je confonds 2007 et 2005. Non, je ne confonds pas », écrit Claude Guéant.
« Je maintiens que Nicolas Sarkozy m’a appelé pour entendre la préoccupation que venait de lui exprimer Kadhafi, à savoir son souhait de voir lever le mandat d’arrêt de Senoussi. Et c’est à ce moment-là qu’il m’a dit : « Claude, voyez cela ». J’ai gardé à l’esprit une vue très précise de la scène », précise Claude Guéant dans son attestation. Les deux hommes avaient été condamnés en première instance pour association de malfaiteurs, à 6 et 5 ans de prison.
RFI