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« Mon objectif est d’ouvrir la porte à des discussions, et peu importe que cette idée se concrétise ou non. L’essentiel est d’introduire de nouvelles perspectives », a expliqué le président de la Fédération internationale de gymnastique (FIG). Un concept similaire avait déjà été testé par le football lors de l’Euro 2020, qui s’est déroulé dans 11 pays européens. Pour les Jeux, l’idée de répartir les épreuves à travers différents continents permettrait de mieux adapter les horaires en fonction des conditions climatiques locales, évitant ainsi aux athlètes de concourir à des heures peu propices à de bonnes performances. Une telle répartition géographique pourrait également attirer davantage de sponsors, augmentant ainsi les revenus générés par l’événement.
Bien que ce modèle risquerait de rendre obsolète le traditionnel village olympique, Watanabe propose une alternative : créer un « forum olympique » réunissant tous les athlètes une fois les compétitions terminées. Ce rassemblement pourrait offrir une nouvelle manière de fédérer la communauté olympique après les Jeux.
Réformer le marketing et la gouvernance du CIO
Outre cette proposition spectaculaire concernant l’organisation des Jeux, Morinari Watanabe souhaite également entreprendre des réformes profondes dans deux domaines majeurs du CIO : le marketing et la gouvernance. Dans une interview accordée à Reuters, il a souligné que la stratégie marketing actuelle était devenue obsolète et que la commission exécutive du CIO avait pris trop de pouvoir au détriment des autres acteurs du mouvement olympique.
En ce qui concerne le marketing, Watanabe a mis en lumière un déséquilibre flagrant entre les sommes investies par les partenaires et la visibilité qu’ils en tirent. Le départ des entreprises japonaises partenaires du CIO, telles que Toyota, Bridgestone et Panasonic, à la fin de 2024, illustre selon lui cet écart : les entreprises paient des montants conséquents pour le programme TOP (The Olympic Partners), mais leur exposition sur les sites olympiques reste minimale. « De nombreuses entreprises japonaises souhaitent soutenir les Jeux olympiques, mais elles ont besoin de valeur ajoutée. Actuellement, l’équilibre est mauvais. Les partenaires investissent massivement, mais les retours sont faibles », a affirmé Watanabe. Il plaide pour un modèle où les entreprises puissent bénéficier d’une meilleure visibilité, à l’instar du football, où la publicité est beaucoup plus présente.
Le Japonais estime également qu’il est grand temps de revoir la stratégie marketing du CIO. « Le système actuel, où l’on demande 200 à 300 millions de dollars pour simplement utiliser les anneaux olympiques, ne peut plus continuer », a-t-il déclaré, pointant un problème de rentabilité et d’adaptation aux réalités du marché.
Réduire le pouvoir de la commission exécutive
Un autre aspect fondamental du programme de Watanabe concerne la gouvernance du CIO. Il n’hésite pas à critiquer la concentration de pouvoir au sein de la commission exécutive, qu’il considère trop dominante. Selon lui, cette situation empêche une véritable consultation au sein du mouvement olympique. « Beaucoup de décisions sont prises uniquement par les membres de la commission exécutive ou par le président, et ce n’est pas sain. Le CIO doit respecter les fédérations internationales et les comités nationaux olympiques (CNO) », a-t-il expliqué. Watanabe plaide pour un modèle plus participatif où les CNO et les fédérations internationales auraient un rôle plus central, afin de redonner une place plus forte aux acteurs de terrain dans les prises de décision.
Cette remise en question du pouvoir de la fonction présidentielle du CIO, à laquelle il aspire, témoigne d’une approche audacieuse et peu conventionnelle. En proposant de réduire l’influence de la commission exécutive, Watanabe se positionne comme un candidat souhaitant un changement radical de l’organisation interne du CIO, une démarche rare et potentiellement très significative pour l’avenir du mouvement olympique.
Morinari Watanabe se distingue par son approche novatrice et ses propositions de réforme du CIO, qui touchent à la fois l’organisation des Jeux olympiques, le marketing et la gouvernance. En remettant en question les modèles établis, il cherche à rendre les Jeux plus inclusifs et à moderniser un mouvement olympique qu’il juge parfois trop éloigné des réalités contemporaines. Son programme, qui mêle audace et pragmatisme, pourrait marquer un tournant pour le CIO, tout en renforçant sa légitimité auprès des différents acteurs du sport mondial.
J.F.PAGNI