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Selon lui, le traitement réservé aux athlètes par la Fédération ivoirienne de cyclisme mérite une attention urgente des autorités. Il appelle le ministère des Sports, à travers la Direction des sports et l’Inspection générale des sports, à exercer un contrôle plus rigoureux sur la gestion et l’encadrement des cyclistes.
Au cœur de ses préoccupations, figure la question des primes, que certains athlètes ne percevraient pas, malgré leur participation à des compétitions internationales. « D’après les informations dont nous disposons, les athlètes ne reçoivent pas de primes olympiques, sauf lorsque les compétitions sont directement prises en charge par le ministère des Sports », affirme-t-il, avant d’ajouter : « Quand c’est le ministère des Sports qui prend les athlètes en charge pendant ces compétitions, les primes sont payées normalement 25.000 francs Cfa par athlète, 35.000 francs Cfa pour les encadreurs…».
Le dirigeant dit avoir été profondément affecté par les révélations de l’athlète Cissé Issiaka, qui a récemment dénoncé le non-paiement de primes malgré la signature de documents officiels. « J’ai été, plusieurs fois, chef de délégation. Voir des athlètes signer et ne rien percevoir, c’est décourageant. Comment peut-on parler de motivation dans ces conditions ? », s’interroge-t-il.
Le dirigeant déplore également le manque criant de moyens matériels, qui empêche les cyclistes ivoiriens de rivaliser avec leurs homologues de la sous-région.« Nos athlètes partent en compétition sans équipement adéquat. Pendant ce temps, les Burkinabè, les Maliens ou encore les Béninois disposent de vélos neufs et performants », souligne-t-il, rappelant que le Bénin a même réussi à intégrer une athlète dans une équipe affiliée à l’Union cycliste internationale (Uci).
Pour Koffi Kouadio Bagny, des solutions existent pourtant. Il estime que la Fédération pourrait, en collaboration avec des partenaires comme l’Uci, initier des actions pour doter les coureurs ivoiriens d’un meilleur encadrement et de matériel adapté. Le constat qu’il dresse est sombre. Selon lui, depuis plusieurs années, le cyclisme ivoirien est en perte de vitesse. « La situation n’est pas reluisante. On abuse de la passion des présidents de clubs, qui se retrouvent parfois à prendre en charge des athlètes blessés, faute de soutien fédéral », déplore-t-il.
Le président d’ATS plaide pour un état des lieux approfondi du cyclisme ivoirien, afin d’identifier les dysfonctionnements, d’en tirer les conclusions nécessaires et de proposer des solutions durables. « La dernière victoire internationale de la Côte d’Ivoire remonte à 2017, si ma mémoire est bonne. Aujourd’hui, les athlètes ne sont plus motivés. Il n’y a ni primes, ni matériel. Le coup de gueule de Cissé Issiaka est la preuve qu’il y a un véritable problème », conclut-il, amer.
A.KONE