Depuis la matinée du 18 novembre, une polémique enfle en ligne. Plusieurs publications affirment que plus de 3 400 candidats admis au concours d’entrée dans les centres de formation des instituteurs auraient présenté des diplômes impossibles à vérifier. Les messages se succèdent, chacun plus alarmant que le précédent, au point de laisser croire à une crise majeure dans le processus de recrutement.
À l’origine de cette agitation, un courrier administratif signé le 14 novembre 2025 par le directeur des Écoles, Lycées et Collèges, Koné. Ce document, adressé aux responsables des CAFOP, signale une anomalie dans certains dossiers du concours direct régionalisé d’entrée en formation d’instituteurs. La Direction des Examens et Concours, chargée de la vérification, indique que les diplômes du BEPC de plusieurs admis n’apparaissent pas dans son fichier informatique. Elle demande donc aux candidats concernés de fournir une attestation à usage administratif au plus tard le 29 novembre. La note est claire, mais sa fuite a laissé place à toutes les interprétations.
Sur les réseaux sociaux, le chiffre de 3 457 diplômes « introuvables » s’est imposé sans être confirmé. Il représente, selon ces mêmes sources, plus de la moitié de la promotion d’instituteurs adjoints. Un tableau assez sombre pour déclencher une vague d’inquiétude et de commentaires.
Le ministère apporte sa version
Face à la montée des rumeurs, le ministère sort du silence. Il précise qu’il ne s’agit ni de faux diplômes ni d’une suspicion généralisée. Le SCRP explique qu’il est seulement question de compléter des dossiers, comme cela se fait chaque année après la publication des résultats définitifs. Il rappelle qu’aucune suspension n’a été décidée, contrairement à ce qu’affirment plusieurs contenus viraux.
Selon des sources internes au système éducatif, ce type de vérification n’a rien d’exceptionnel. Les bases de données des examens ne sont pas toujours complètes, surtout pour des diplômes anciens, émis dans des zones reculées, ou mal saisis lors de leur archivage. Dans ce genre de cas, l’attestation à usage administratif du BEPC sert à confirmer officiellement l’obtention du diplôme lorsque le livret original n’est plus disponible ou que l’information est absente des archives numériques.
Cette procédure vise donc à mettre à jour et sécuriser les dossiers administratifs des futurs enseignants. Elle n’indique pas une fraude massive. Elle s’inscrit simplement dans la logique de contrôle et de régularisation qui accompagne tout recrutement public.
Le ministère dit vouloir éclairer l’opinion et calmer un débat devenu disproportionné. Reste maintenant à la DECO et aux services académiques d’assurer la continuité des vérifications pour éviter que ce type de polémique ne se reproduise.
Axel KONE