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Le leader du Mouvement des jeunes de Côte d’Ivoire avait été interpellé dans la soirée du jeudi 8 janvier alors qu’il participait à un sit-in au Plateau, dans le centre des affaires d’Abidjan. Il avait d’abord été conduit au commissariat du 1er arrondissement, avant d’être transféré à la Préfecture de police, où sa mise en observation a été maintenue jusqu’à ce lundi.
Selon des sources judiciaires, Jean-François Kouassi est poursuivi pour « trouble à l’ordre public » ainsi que pour « diffamation et dénonciation calomnieuse », à la suite de plaintes déposées par la ministre Anne Ouloto. Une notification de flagrant délit aurait été établie dans le cadre de la procédure. Ses avocats ont tenté d’obtenir une citation directe à comparaître, une mesure qui lui aurait permis de regagner son domicile et de se présenter librement à l’ouverture du procès. Cette requête, introduite jusqu’en début d’après-midi lundi, n’a pas été retenue par les autorités judiciaires.
En conséquence, Jean-François Kouassi a été placé sous mandat de dépôt et écroué à la Maca, en attendant son passage devant le juge. À l’issue de son placement en détention, un proche du dossier rapporte que l’intéressé affichait un moral élevé. Selon ce témoignage, Jean-François Kouassi aurait confié que, depuis vendredi, son entourage recevait des appels affirmant qu’il aurait tenu des propos injurieux à l’endroit de la ministre Anne Ouloto.
Toujours selon cette source, il lui aurait été suggéré de présenter des excuses publiques afin de faciliter sa libération. Une option qu’il aurait refusée. « Si la ministre estime avoir été heurtée par mes propos, cela n’a jamais été volontaire. Mais demander pardon au prix de la négation d’une situation connue de tous ne sera pas possible », aurait-il déclaré.
Jean-François Kouassi revendique, selon ses proches, le droit pour tout citoyen d’interpeller les autorités et de défendre ce qu’il considère comme des valeurs républicaines. « Si je dois en payer le prix, qu’il en soit ainsi », aurait-il ajouté.
Un acteur politique déjà connu du public
Figure connue de la scène politique et militante ivoirienne, Jean-François Kouassi avait déposé sa candidature à l’élection présidentielle de 2025, avant de voir son dossier invalidé par le Conseil constitutionnel. Il était également candidat aux élections législatives de décembre 2025 dans la commune de Cocody, où il conduisait la liste « Les Élus au service du peuple » (ESP).
Ses soutiens rappellent qu’il n’a, à ce stade, fait l’objet d’aucune condamnation et insistent sur le caractère provisoire de la mesure de détention. Ils affirment se préparer à défendre leur leader devant le juge, dans le cadre d’un procès qu’ils souhaitent équitable et respectueux des droits de la défense.
En attendant, cette affaire relance le débat sur la gestion des manifestations publiques, la liberté d’expression et le recours à la détention préventive dans les dossiers à caractère politique en Côte d’Ivoire.
Axel KONE