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Le leader politique a dénoncé les attaques sur les réseaux sociaux contre le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (Pdci-Rda), Tidjane Thiam. Des attaques en lien avec ses origines sénégalaises. « Tidjane Thiam est bel et bien un Ivoirien », a-t-il affirmé.
Lamoussa Djinko estime que pour la présidentielle de 2025, « Tous les Ivoiriens doivent être participants ». « Laissons tout le monde être candidat… la question de la nationalité est existentielle en Côte d’Ivoire », a-t-il insisté.
Le patron du Renouveau démocratique a accusé tous les présidents qui se sont succédé à la tête du pays, de Félix Houphouët-Boigny à Alassane Ouattara en passant par Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo. Lamoussa Djinko a fait remarquer qu’aucun de ces dirigeants ivoiriens n’a essayé de régler le problème qui pourtant a été à la base de la plus grave crise dans le pays. « (…) Ils ont fait des erreurs profondes. Ce pays a un problème sérieux depuis 1960. La Côte d’Ivoire refuse de reconnaitre ses propres enfants. Ce qui se passe en Côte d’Ivoire ne se passe nulle part ailleurs », a-t-il fait savoir, soutenant que toutes les personnes nées en terre ivoirienne avant la constitution de l’Etat sont Ivoiriens. Pour lui, de facto ces personne devraient bénéficier de la nationalité. « On ne se lève pas un matin pour changer la Constitution pour un seul individu. C’est extraordinaire ! C’est en Côte d’Ivoire seulement qu’on peut voir ça. La crise qui a secoué notre pays est d’origine identitaire. Voilà 17 ans que le président Alassane Ouattara gère ce pays, 3 ans en tant que Premier ministre et 14 ans en tant que chef de l’Etat. Pendant 14 ans de pouvoir, il n’a pas pu régler ce problème », a-t-il dénoncé.
Toutefois, Lamoussa Djinko a précisé que qu’Alassane Ouattara n’est pas celui qui est venu avec la crise identitaire dans ce pays. « Bien avant qu’Alassane Ouattara soit sur le terrain, on avait déjà une crise identitaire. Il n’est pas celui qui a amené la crise en Côte d’Ivoire. Nous avons fait du mal à beaucoup d’Ivoiriens dans ce pays. Il faut régler ce problème définitivement », a-t-il expliqué.
« Bombe à retardement »
Lamoussa Djinko a affirmé que « l’Ivoirien n’est pas xénophobe, il est hospitalier ». « La nationalité est un fait de développement. Quand vous empêchez des gens d’être des nationaux, vous créez des problèmes. Cette question de nationalité a fait sombrer la Côte d’Ivoire dans un problème grave. On n’est pas dans une situation stable. Il n’y a pas 26% d’étrangers en Côte d’Ivoire, ce sont nos enfants, reconnaissez-les ! », a-t-il lancé, à propos des populations dont les ascendants étaient présents en Côte d’Ivoire avant l’accession à l’indépendance. Pour lui, ces populations sont ivoiriennes au même titre que les autres peuples et devraient bénéficier de leur nationalité.
Face à cette situation, le président du Renouveau démocratique a promis qu’une fois au pouvoir, sur la question de la nationalité, il réunira les chefs traditionnels autour d’une table pour y travailler. Il révisera également le code de la nationalité… car, à l’entendre, « nous sommes assis sur une bombe à retardement si nous ne faisons rien ».
Comme solution, Lamoussa Djinko a proposé d’appliquer le « droit de sol » qui existait à l’époque, avant qu’il ne soit abrogé par Félix Houphouët-Boigny et remplacé par le « droit de sang ». A cet effet, il appelle le gouvernement et les partis politiques à ne pas occulter le problème de la question identitaire en Côte d’Ivoire. « Nous avons un long chemin pour développer ce pays. Si nous n’avons pas de cohésion sociale, nous n’allons pas nous en sortir. Il nous faut trouver des solutions à ce problème. Il ne s’agit pas de naturaliser des Ivoiriens mais de donner la nationalité aux Ivoiriens. Ceux qui sont naturalisables, il faut les naturaliser. Ce pays peut se développer en une génération mais nous devons faire ces réglages », a préconisé le président du Renouveau démocratique, espérant que son plaidoyer sera entendu.
Axel KONE