Entre recomposition de l’exécutif et installation du nouveau Parlement, plusieurs postes clés restent à pourvoir : la présidence de l’Assemblée nationale, les directions des commissions parlementaires, la Primature et les portefeuilles ministériels. En arrière-plan, un possible réaménagement à la tête d’autres institutions alimente également les spéculations.
Cette semaine s’annonce donc décisive. Des tractations de haut niveau sont en cours et pourraient redessiner l’équilibre interne de la majorité présidentielle.
Assemblée nationale : l’heure des arbitrages
Parmi les premières décisions attendues figure l’élection du président de l’Assemblée nationale. Selon nos informations, le vote devrait intervenir ce vendredi 16 janvier, soit 72 heures avant la séance inaugurale de la législature 2025-2030.
Le président sortant, Adama Bictogo, récemment réélu député à Yopougon, apparaît comme un sérieux candidat à sa propre succession. Toutefois, sa reconduction dépendra des arbitrages opérés au sommet de l’État et au sein du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp).
Dans le même temps, la composition des bureaux des commissions parlementaires attise les convoitises. Ces postes stratégiques, véritables centres de pouvoir législatif, font l’objet de discussions serrées au sein de la majorité. Des changements sont d’ores et déjà annoncés par rapport à la précédente législature. L’échec électoral d’Abdoulaye Ben Méité, président sortant de la Commission des affaires générales et institutionnelles (Cagi), dans la circonscription de Kani, ouvre la voie à une redistribution des cartes. Les prétendants à sa succession sont nombreux.
Gouvernement : incertitudes et attentes
Au-delà du Parlement, les regards restent tournés vers la composition du futur gouvernement. Qui sera reconduit ? Qui quittera l’équipe ? Comment seront préservés les équilibres géographiques et politiques après les législatives ?
D’autres interrogations demeurent, notamment sur le maintien de Tiémoko Meyliet-Koné à la vice-présidence, la reconduction des ministres gouverneurs ou encore l’orientation réelle de la « transmission générationnelle » évoquée par le chef de l’État dans son message à la Nation du 31 décembre 2025.
« Notre Nation doit se doter d’une élite compétente et profondément attachée à l’intérêt général, afin d’assurer la continuité et la solidité de notre modèle de développement », avait déclaré Alassane Ouattara, laissant entrevoir un possible renouvellement des visages et des pratiques au sommet de l’État.
S’il est une constante dans la méthode du chef de l’État, c’est son goût pour les décisions inattendues. La nomination de Robert Beugré Mambé à la Primature, le 16 octobre 2023, en est une illustration marquante. À l’époque, de nombreux observateurs misaient sur une reconduction de Patrick Achi ou sur la promotion du directeur de cabinet présidentiel, Fidèle Sarassoro. Le choix du président avait pris de court la classe politique.
Actuellement en séjour en France depuis quelques jours, Alassane Ouattara devrait procéder aux derniers réglages avant d’annoncer ses décisions. En attendant, au sein de la majorité présidentielle, cadres et députés retiennent leur souffle, conscients que les prochains arbitrages pourraient sceller des trajectoires politiques, en ouvrir de nouvelles et en refermer d’autres.
E.KOUAKOU