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Dans un groupe où chaque point pourrait peser lourd dans la course à la qualification pour les huitièmes de finale, une entrée réussie permettrait aux hommes d’Emerse Faé de confirmer leur nouvelle dimension et d’envoyer un signal fort à leurs adversaires. Longtemps absente du rendez-vous planétaire depuis sa participation au Mondial 2014 au Brésil, la Côte d’Ivoire s’est brillamment qualifiée pour l’édition 2026 au terme d’une campagne maîtrisée. Les Éléphants ont survolé les éliminatoires africaines, affichant une impressionnante solidité défensive avec aucun but encaissé en dix rencontres.
Cette qualification marque l’aboutissement du renouveau amorcé depuis le sacre historique à la Coupe d’Afrique des nations 2023 à domicile. Nommé sélectionneur à plein temps après cette épopée, Emerse Faé a progressivement bâti une équipe équilibrée, capable d’allier rigueur défensive et explosivité offensive. La nouvelle génération s’est rapidement imposée au sein du groupe. Des talents prometteurs comme Yan Diomandé, Amad Diallo, Bazoumana Touré, Guéla Doué ou encore Christ Inao apportent fraîcheur et dynamisme, tandis que des cadres expérimentés tels que le capitaine Franck Kessié et Nicolas Pépé encadrent cette relève ambitieuse. L’état d’esprit ivoirien ne laisse d’ailleurs aucune place à la résignation. À la veille du tournoi, Franck Kessié a clairement affiché les ambitions de son équipe : « Quand on part à une compétition, on part pour la gagner. Nous ne sommes pas parmi les favoris, mais nous allons crânement jouer notre chance. Nous ne sommes pas venus ici pour faire du tourisme. »
Les Éléphants abordent ce rendez-vous dans une dynamique positive. Leur succès retentissant contre la France (2-1) le 4 juin à Nantes, grâce notamment à Guéla Doué et Amad Diallo, a renforcé les certitudes du groupe. Auparavant, les Ivoiriens avaient également dominé l’Écosse (1-0) et la Corée du Sud (4-0) lors de leurs matches de préparation. La qualité du jeu proposé qui nourrit les espoirs ivoiriens. L’équipe semble avoir gagné en maturité et en cohésion, deux éléments essentiels pour espérer franchir un cap dans une compétition où la Côte d’Ivoire n’a jamais dépassé le premier tour.
Les Éléphants devront toutefois surmonter un obstacle historique. En Coupe du monde, leurs précédentes confrontations face à des sélections sud-américaines se sont toutes soldées par des défaites : contre l’Argentine en 2006 (2-1), le Brésil en 2010 (3-1) et la Colombie en 2014 (2-1). Face à l’Équateur, ils auront l’occasion de briser cette série et de marquer un tournant dans leur histoire mondiale.
L’Équateur, une référence défensive
La mission s’annonce cependant particulièrement délicate. L’Équateur s’est imposé comme l’une des équipes les plus solides du continent sud-américain durant les qualifications. Deuxième de la zone Conmebol derrière l’Argentine, championne du monde en titre, la Tri n’a encaissé que cinq buts en dix-huit rencontres.Sous la direction du technicien argentin Sebastián Beccacece, arrivé en 2024, les Équatoriens ont développé une identité claire, basée sur un pressing intense, une maîtrise collective et une remarquable discipline défensive.
Le duo composé de Willian Pacho et Piero Hincapié constitue l’un des remparts les plus redoutables du tournoi. Devant eux, Moisés Caicedo, véritable moteur du milieu de terrain, incarne le principal dépositaire du jeu équatorien. Comme la Côte d’Ivoire, l’Équateur arrive en confiance après une préparation convaincante ponctuée par une victoire 3-0 contre le Guatemala et un succès 2-1 face à l’Arabie saoudite. Les Sud-Américains restent également invaincus lors de leurs cinq dernières sorties.
Cette affiche inaugurale pourrait déjà orienter le destin des deux sélections dans ce groupe E. Pour la Côte d’Ivoire, l’enjeu dépasse largement le simple résultat d’un premier match. Il s’agit de confirmer que le titre continental conquis en 2024 n’était pas un exploit isolé, mais le début d’une nouvelle ère.
E.KOUAKOU