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C’est un nouvel épisode dans la crise qui sévit depuis de longs mois entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso au sujet de la frontière entre les deux pays. Ce 24 août, six fonctionnaires de la Direction d’aide et d’assistance aux réfugiés et apatrides (Daara) ont été interceptés, alors qu’ils menaient une mission autour du village frontalier de Kalan 2, par des Volontaires pour la défense de la patrie (Vdp), supplétifs civils de l’armée burkinabè. Ils ont été conduits au Burkina Faso et depuis, leur sort demeure incertain.
La présidence ivoirienne a aussitôt déclenché son dispositif de crise. Selon nos informations, le différend est suivi directement par le Conseil national de sécurité au sein duquel le secrétaire exécutif, Fidèle Sarassoro, travaille avec le ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, lequel rend compte à son frère, le président Alassane Ouattara lui-même. La situation à la frontière et les agissements des Vdp burkinabè sont également particulièrement scrutés par le chef d’état-major des armées, le général Lassina Doumbia, et le commandant supérieur de la gendarmerie, le général Apalo Touré.
Une brouille de plus
Le dossier particulier des fonctionnaires enlevés par les Vdp, des civils ivoiriens sous l’autorité du ministère des Affaires étrangères, est quant à lui géré directement par ce dernier et par le ministre Léon Kacou Houadja Adom, qui a pris la main sur le volet diplomatique. Il multiplie de son côté les échanges bilatéraux avec Jean-Marie Karamoko, son homologue burkinabè et son interlocuteur à Ouagadougou. À Abidjan, une question se pose depuis plusieurs jours : dans quelles conditions les six agents ivoiriens ont-ils été interpellés en territoire burkinabè par les éléments des Vdp ?
Selon nos sources, le sous-préfet de Téhini, Koné Moustapha – lequel a pris ses fonctions il y a seulement quelques semaines -, leur avait en effet assigné un guide, pour accompagner leurs déplacements au niveau d’une zone frontalière sous tension, la Côte d’Ivoire accueillant plus de 80 000 réfugiés burkinabè. Mais les agents ivoiriens se seraient déplacés sans cette personne. Une enquête a été ouverte pour déterminer si cette faille a pu faciliter leur interception. Un détachement de gendarmerie spécialisée a été dépêché sur la zone.
Cet incident pourrait encore exacerber les tensions entre Abidjan et le régime du capitaine Ibrahim Traoré, au pouvoir à Ouagadougou. Celui-ci a déjà été prompt à accuser le président Alassane Ouattara de tentative de déstabilisation. Le chef de la junte avait notamment affirmé en 2024 dans une interview télévisée que les autorités ivoiriennes hébergeaient sur leur territoire « les déstabilisateurs » de son régime.
Source Jeune Afrique
Source Jeune Afrique