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La tension politique en Côte d’Ivoire vient de connaître un nouveau tournant. Le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance d’Abidjan a annoncé, le mardi 4 novembre, l’interpellation à Bingerville de M. Damana Adia Pickas, Vice-Président du Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) et se présentant comme Coordonnateur général du Comité Opérationnel du Front Commun. En cause notamment des appels « à l’insurrection populaire et au renversement des institutions », estime Oumar Braman Koné, le procureur de la République.

Selon le communiqué du Parquet, cette arrestation intervient dans le cadre des enquêtes ouvertes à la suite d’une série d’appels à l’insurrection populaire et au renversement des institutions, lancés par certains acteurs politiques après l’interdiction, le 11 octobre 2025, d’une marche projetée par deux formations politiques. Suite à l’invalidation des candidatures deLaurent Gbagbo et de Tidjane Thiam, leurs partis, le PPA-CI et le PDCI, réunis autour du « Front commun », ont multiplié les appels à des marches « quotidiennes », pour « la paix, la justice et la démocratie » mais aussi pour contester, « un 4ème mandat anticonstitutionnel d’Alassane Ouattara ». Invoquant des risques de troubles à l’ordre public, les autorités ont interdit les marches jusqu’au 17 décembre. Or d’après le parquet, ces appels « ont conduit à des attroupements armés et non armés », dit-il, et qui « ont occasionné des actes de violence portant atteinte à la sûreté nationale, des assassinats, des vols à main armée (…) » ou encore des « empêchements de vote ainsi que des destructions de matériel électoral », lit-on dans un communiqué.

De son côté, Sébastien Dano Djédjé, le président exécutif du PPA-CI, considère que Damana Pickass « était traqué, c’est la persécution des opposants qui continue », a-t-il indiqué le 5 novembre à l’AFP. Au total, onze personnes sont mortes dans des manifestations avant le scrutin du 25 octobre ou dans des affrontements intercommunautaires le jour du vote. L’opposition évoque un bilan de 27 morts. Plus d’une centaine de personnes ont été condamnées à trois ans de prison ferme pour avoir participé à ces marches, selon leurs avocats.

Face à la gravité des faits, le Procureur, également Directeur de la Section antiterroriste du Tribunal de Première Instance d’Abidjan, a insisté sur la fermeté de la réponse judiciaire. Il a réaffirmé que toutes les personnes impliquées — auteurs, complices ou commanditaires — seront recherchées, interpellées et traduites en justice, sans distinction de rang ou de fonction.

Cette déclaration traduit la volonté des autorités judiciaires de préserver la stabilité et la sécurité nationale, en sanctionnant sévèrement toute tentative de déstabilisation du pays à travers des actes de violence politique. Le Parquet invite enfin les acteurs politiques à privilégier les voies légales et pacifiques pour exprimer leurs opinions et à œuvrer à la consolidation de la démocratie et de la paix en Côte d’Ivoire.

Plus de 710 personnes ont été interpellées après la marche interdite du 11 octobre. Parmi elles, plus d’une centaine ont été condamnées à trois ans de prison ferme pour troubles à l’ordre public.

E.KOUAKOU

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