Renard succède à Emerse Faé, dont le contrat est arrivé à terme le 31 juillet 2026. À l’ouverture de la conférence de presse, le président de la Fif a salué le travail accompli par le sélectionneur sortant et son staff. « Je tiens à exprimer toute notre reconnaissance à Emerse Faé, à son staff, à ses collaborateurs ainsi qu’à tous les joueurs qui ont participé à ces deux années d’aventure. Les résultats obtenus ont permis au football ivoirien de retrouver toute sa place sur la scène internationale », a déclaré Yacine Idriss Diallo.
Pour la Fédération, l’arrivée de Renard s’inscrit dans une logique de continuité et de consolidation du projet sportif. Le choix du technicien français répond notamment à un contexte particulier : les deux prochaines éditions de la Can se disputeront à seulement deux ans d’intervalle, en 2027 puis en 2028. « Le Comité exécutif a estimé qu’Hervé Renard réunissait toutes ces qualités », a expliqué le président de la Fif, évoquant son expérience, sa connaissance du football africain et sa capacité d’adaptation.
Vêtu de sa traditionnelle chemise blanche, Hervé Renard n’a pas dissimulé son émotion au moment de retrouver officiellement le banc ivoirien. Son premier passage, en 2014-2015, reste gravé dans les mémoires. Il avait conduit les Éléphants au titre de champion d’Afrique en 2015, mettant fin à près de 25 années d’attente. « C’est un grand honneur pour moi de revenir à la tête de cette sélection ivoirienne. C’est une immense fierté », a-t-il confié. Le technicien français mesure surtout l’ampleur de la tâche qui l’attend. « Nous connaissons le travail qui nous attend avec ces deux CAN successives. C’est un grand défi puisque l’attente de tout le peuple ivoirien est énorme », a-t-il reconnu.
Son ambition est sans ambiguïté. « La Côte d’Ivoire est une équipe qui est faite pour remporter des trophées et l’exigence doit être au maximum pour obtenir les meilleurs résultats possibles », a-t-il affirmé. Renard, qui a signé un contrat de deux ans, retrouvera également Siramana Dembélé, nommé adjoint. Les deux hommes se connaissent pour avoir travaillé ensemble en Arabie saoudite, lorsque le Français dirigeait la sélection saoudienne.
Depuis son premier passage en Côte d’Ivoire, Hervé Renard a multiplié les expériences sur les bancs de sélections africaines et internationales. Il a notamment dirigé l’Arabie saoudite et plus récemment la Tunisie, qu’il a prise en main après la lourde défaite des Aigles de Carthage face à la Suède (5-1) au Mondial 2026. Son passage en Tunisie s’est toutefois limité à deux rencontres, soldées par des défaites contre le Japon (4-0) et les Pays-Bas (3-1).
Libre de tout contrat avant sa nomination en Côte d’Ivoire, Renard revient ainsi sur un continent où sa cote reste élevée. En Côte d’Ivoire particulièrement, son nom demeure associé au triomphe de 2015. Désormais, le passé ne suffira pas. Le nouveau sélectionneur devra rapidement construire une équipe capable de défendre le statut de champion d’Afrique et de répondre aux ambitions d’une nation qui exige des résultats. « Nous devons être exigeants au quotidien », a-t-il prévenu. Pour Hervé Renard, le retour chez les Éléphants ne relève pas de la nostalgie. Il s’agit d’une nouvelle mission, avec deux Can pour confirmer que le sorcier blanc sait encore faire gagner.
E.KOUAKOU