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Monsieur le président, vos joueurs vous ont porté en triomphe, après la qualification pour les 16es de finale, une première historique pour la Côte d’Ivoire en Coupe du monde. Comment avez-vous accueilli cela ?
Honnêtement, j’ai été surpris, parce que je ne m’attendais pas du tout à ça. Après chaque match, on se retrouve. On est comme une famille. On est très fusionnels. Que ce soit dans la défaite ou dans la victoire, on est une vraie famille. Il y a quelque chose qui nous lie. Je leur dis toujours : « Les gars, on vit ensemble, on meurt ensemble. » Vous savez, quand vous avez traversé l’épreuve de la Guinée équatoriale, dont tout le monde se souvient, ce que j’appelle la défaite la plus salutaire de l’équipe de Côte d’Ivoire, parce que c’est à partir de ce moment-là que nous avons acquis un autre état d’esprit, une autre mentalité. Nous avons engagé un nouveau processus. Quand vous vivez une telle épreuve ensemble, cela laisse des traces, mais, en même temps, cela crée des liens. À ce moment-là, nous nous sommes retrouvés très, très seuls, très isolés dans la défaite. Vous savez, le métier qu’exercent ces jeunes gens n’est pas facile. Quand on gagne, ils sont adulés. Quand on perd, ils sont vilipendés. Je pense que c’est assez violent, mentalement, pour eux, pour leurs familles et pour leurs proches. Nous qui sommes à leurs côtés au quotidien, nous essayons de créer un environnement serein pour les accompagner, afin qu’ils sachent que, dans la victoire comme dans la défaite, ils peuvent compter sur nous et s’appuyer sur nos épaules. Nous serons toujours là pour les défendre. Je pense qu’à ce moment-là, ils ont voulu exprimer quelque chose. Je ne sais pas du tout d’où est venue cette initiative, mais je me suis retrouvé sur les épaules d’Oumar. Ça a été très émouvant et je leur en suis infiniment reconnaissant pour cette marque d’affection.
Quelle image retenez-vous du parcours des Eléphants en phase de groupe ?
Je pense que, pour nous, le match le plus important a été celui contre l’Équateur. Il fallait absolument le gagner. À mes yeux, ce fut un match d’une très grande qualité en termes de résilience, de discipline tactique et d’engagement physique. Ensuite, le match qui a donné le plus de crédibilité au travail d’Emerse Faé et de son groupe ces derniers mois, c’est celui contre l’Allemagne. Pendant plus de 90 minutes, nous avons produit un football de très haut niveau. Malheureusement, nous avons cédé dans les six dernières minutes. Mais, malgré cela, nous avons démontré que nous étions capables d’évoluer à un niveau très élevé et de faire preuve d’une grande résilience. Enfin, le dernier match, contre le Curaçao, était également très piégeux. C’est une équipe qui maîtrise bien le ballon. Il ne fallait pas encaisser de but ni tomber dans le piège qu’elle pouvait nous tendre. Nous avons été bien organisés, nous avons marqué une première fois en première mi-temps, puis nous avons accéléré en seconde période pour inscrire un deuxième but avant de parfaitement gérer la fin de la rencontre. Ce sont peut-être des choses que le grand public ne perçoit pas toujours, mais cette évolution mentale, cette progression tactique, cette capacité de l’équipe à gérer les matchs et l’apport de tous les joueurs sont très importants. Aujourd’hui, il est pratiquement impossible de désigner un onze type de la Côte d’Ivoire. Chaque joueur qui entre en jeu apporte quelque chose. Les profils sont interchangeables, chacun remplit sa mission, et c’est précisément ce qui fait la force de ce groupe.
Qu’attendez-vous des Eléphants dans ce match contre la Norvège, à Dallas, ce mardi ?
L’objectif premier, c’était de nous qualifier pour les 16es de finale. Je pense que nous avons atteint cet objectif. Tout le monde est content, tout le monde est satisfait, nous les premiers. Et tout le monde est fier. Maintenant, nous entrons dans la phase des matches à élimination directe. La Norvège est une très grande équipe, une équipe de très haut niveau, avec des joueurs comme Erling Haaland, qui évoluent au plus haut niveau depuis plusieurs années. C’est une excellente équipe. Mais en face, il y a aussi la Côte d’Ivoire, qui est une très bonne équipe, bien préparée. Nous allons nous préparer de la meilleure façon possible. Le sélectionneur travaille avec ses joueurs sur les plans tactique et organisationnel, en espérant que tout le monde soit à 100 % de ses moyens. Nous allons affronter la Norvège avec nos forces, en la respectant, mais sans la craindre. L’objectif est simple : battre la Norvège. Est-ce que nous y arriverons ? Seul Dieu le sait. Mais tout ce qui peut être mis en œuvre pour que nous soyons au meilleur de notre niveau et capables de battre cette équipe le sera. Je le répète : nous ne nous fixons aucune limite. Chaque match sera joué à fond. Les joueurs sont déterminés.