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Au cours d’un point de presse qu’il a animé à son siège à San Pedro, le vendredi 6 mars 2026, Bernard Kouassi Kouamé, président de la Plateforme nationale des organisations de producteurs de café-cacao (PNOPCC), par ailleurs président du conseil d’administration de la Coopérative agricole de Gabiadji (COOPAGA), a attiré l’attention sur le danger qui se profile et a appelé le président de l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) à la vigilance. Il était entouré de plusieurs présidents de sociétés coopératives.
« Le prix pour la campagne principale était de 2 800 francs CFA. Mais il vient de chuter à 1 200 francs CFA. Or, il y a des stocks qui sont restés sur nos soutiens-gorge. Ces stocks n’ont pas été retirés pendant deux à trois mois. On ne peut pas retourner vers les planteurs pour leur dire qu’on n’a pas vendu. Sur un déjà reçu. Depuis deux à trois mois, le producteur attend son argent. On ne peut pas non plus lui remettre son cacao. Il n’acceptera pas 1 200 francs CFA. D’ailleurs, du fait de cette situation, certaines coopératives subissent des poursuites par des commissaires de justice commis par des partenaires financiers, parce que ces producteurs ne peuvent plus respecter leurs engagements. Tout ceci risque de créer des remous sociaux ou des troubles si la situation n’est pas bien gérée », a fait observateur le président de la COOPAGA.
Il a fait remarquer que la crise actuelle du cacao n’est pas une situation inédite. Tous les régimes en Côte d’Ivoire y ont fait face. « On se souvient que sous feu le président Houphouët-Boigny, dans les années 1990, le prix du kilo de cacao avait chuté et se négociait à 50 francs CFA bord champ. La différence avec le président Alassane Ouattara, c’est que, lorsque surviennent les difficultés, il trouve automatiquement une solution qui soulage les producteurs. La preuve, pour la crise que nous traversons, il a mis un dispositif en place pour enlever les anciens stocks. Et il a pris cette décision avant de fixer le nouveau prix. Donc, c’est un président qui pense au bien-être des producteurs. C’est pourquoi nous exigeons à notre président Siaka Diakité d’être vigilant dans la conduite de ce dispositif », at-il exhorté.
Pour lui, le chef de l’État a fait parler son cœur en accordant un fonds pour l’enlèvement des anciens stocks. « En tant que président de l’interprofession agricole, en qui nous, producteurs et sociétés coopératives, avons placé notre confiance, il doit être vigilant afin de ne pas se laisser berner dans une affaire de partage de quotas. Car nous, producteurs et présidents de coopératives, ne reconnaissent que l’interprofession. Il est hors de question que le quota de 100 000 tonnes accordé par le chef de l’État soit géré par d’autres entités en dehors de l’interprofession. Que le Conseil du café-cacao reste dans son rôle régalien et que la gestion des 100 000 tonnes soit correctement exécutée par l’interprofession afin d’enlever tous les anciens stocks et qu’au final les producteurs puissent dire merci au chef de l’État », a insisté Bernard Kouassi Kouamé.
Eric KOUAKOU