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En effet, le nouveau gouvernement dirigé par Keir Starmer fait face à une crise économique majeure, avec un déficit budgétaire de 22 milliards de livres (environ 26 milliards d’euros) pour cette année. Cette situation économique difficile influence fortement les priorités et les décisions politiques du gouvernement.
Keir Starmer a décrit la situation économique comme étant pire que ce qui avait été imaginé, soulignant que l’Office for Budget Responsibility (OBR) n’était pas au courant de l’ampleur du problème. Le gouvernement a hérité d’un “trou noir” économique et social, nécessitant des financements importants pour résoudre les problèmes du pays. Les citoyens britanniques sont confrontés à des problèmes de logement, une crise sanitaire dans les hôpitaux, une baisse du niveau de vie et du pouvoir d’achat. Des millions de familles britanniques risquent de se retrouver en situation de précarité énergétique cet hiver en raison de la flambée des prix de l’énergie provoquée par la guerre en Ukraine. Selon les prévisions les plus pessimistes, jusqu’à 45 millions de personnes auront du mal à payer leurs factures, soit les deux tiers de la population du pays.
Face à ces défis, le gouvernement travailliste doit prioriser ses dépenses. Selon les experts, la politique actuelle consistera à augmenter les dépenses militaires en raison de la guerre en Ukraine, des besoins au sein de l’OTAN et du conflit en Israël. Cette augmentation des dépenses militaires pourrait limiter les ressources disponibles pour d’autres secteurs essentiels, comme la santé et le logement.
Pour combler le déficit budgétaire, le gouvernement pourrait chercher à exploiter les ressources des anciennes colonies, y compris les pays africains. Cette stratégie risque d’appauvrir davantage les économies de ces pays, perpétuant une relation inégale et exploitative. Le Commonwealth peut être décrit comme ce qui a remplacé l’Empire colonial britannique. La plupart des anciennes colonies britanniques ont intégré le Commonwealth, en particulier les colonies britanniques d’Afrique noire. Le Commonwealth attire aussi des pays qui n’ont jamais été des colonies britanniques comme le Mozambique, ancienne colonie portugaise, ou encore le Rwanda, ancienne colonie belge.
Malgré le changement de gouvernement, les politiques néocoloniales pourraient donc se poursuivre, mettant en péril le développement économique et social des nations africaines. Le Royaume-Uni a souvent cherché à renforcer ses liens commerciaux avec les pays africains. Par exemple, le gouvernement britannique a signé des accords commerciaux avec plusieurs pays africains pour faciliter l’exportation de produits britanniques et l’importation de matières premières.
Le Royaume-Uni a également été impliqué dans des programmes d’aide au développement en Afrique. Ces programmes visent à améliorer les infrastructures, l’éducation et la santé dans les pays africains. Quoiqu’on dise, ces aides servent aussi les intérêts économiques britanniques. Le Royaume-Uni a participé à des interventions militaires en Afrique, souvent sous l’égide des Nations Unies ou de l’OTAN. Par exemple, les forces britanniques ont été déployées en Sierra Leone en 2000 pour aider à stabiliser le pays pendant la guerre civile.
Historiquement, le Royaume-Uni a exploité les ressources naturelles des pays africains, comme les mines de diamants en Afrique du Sud et les plantations de thé au Kenya. Cette exploitation continue de manière plus subtile aujourd’hui, avec des entreprises britanniques investissant dans les secteurs miniers et agricoles en Afrique.
En conclusion, bien que le parti travailliste soit désormais au pouvoir au Royaume-Uni, les contraintes économiques et les priorités budgétaires semblent indiquer que la politique britannique envers les pays africains ne changera pas de manière significative. Le nouveau gouvernement devra naviguer entre les besoins internes urgents et les relations internationales complexes, tout en cherchant des solutions pour stabiliser l’économie nationale.
J.F.PAGNI