Dans un courrier daté du vendredi 2 janvier 2026, adressé à l’ex-député de Bongouanou sous-préfecture, Aka Boni Marc, précédemment secrétaire général adjoint du Fpi, informe d’une « démission collective ». Cette démission concerne le principal intéressé et les membres de son cabinet. Ils sont démissionnaires des instances du Fpi. Non seulement, ils renoncent aux postes qu’ils occupaient au sein de cette formation politique, mais ils cessent de militer au Fpi. « Cette décision, mûrement réfléchie et prise en toute responsabilité, est la conséquence de divergences politiques, organisationnelles et stratégiques, devenues incompatibles avec notre vision, nos convictions et notre engagement initial au sein du parti », s’explique Aka Boni Marc, chef de file des démissionnaires.
M. Aka énumère plusieurs griefs à l’origine de cette « démission collective ». « Notre engagement politique a toujours été guidé par la recherche de la justice, de la démocratie. Et du bien-être des populations. Toutefois, au regard des récentes décisions prises par le parti, notamment le choix arbitraire du candidat de la circonscription de Bongouanou commune, le retrait du secrétaire général adjoint et de son cabinet de toutes les plateformes du parti, ainsi que la campagne de dénigrement orchestrée par le président du parti lui-même et certains cadres, nous constatons une rupture profonde avec les orientations et le mode de fonctionnement actuels du Fpi auxquels nous ne parvenons plus à nous identifier », relève Aka Boni Marc.
L’auteur du courrier demande à la direction du Fpi de tirer toutes les conséquences de cette décision collective, et de prendre les mesures « administratives qui en découlent » afin de rendre ce départ officiel.
Fait notable. Le secrétaire général adjoint du Fpi démissionnaire rend hommage à Pascal Affi N’guessan pour toutes les actions posées en sa faveur tout au long de sa carrière politique. « Nous tenons néanmoins à exprimer notre reconnaissance au président du parti et à l’ensemble des militants avec lesquels nous avons partagé des moments de lutte, d’espoir et de solidarité, ainsi qu’à rendre hommage à l’histoire et au combat du Front populaire ivoirien », consigne M. Aka.
« Ils n’ont aucune responsabilité au sein de la direction du parti »
Lundi 12 janvier 2026, en fin de matinée, nous avons contacté, téléphoniquement, la direction du Fpi, précisément, le secrétaire général, Barthélemy Gnépa. Le proche collaborateur de Pascal Affi N’guessan a souligné avoir été informé seulement sur les réseaux sociaux de cette décision. Il s’est voulu, toutefois, rassurant : « Ils n’ont aucune responsabilité au sein de la direction du parti. Nous avons un fichier des responsables, des secrétaires nationaux, membres de la direction du parti. Ces noms cités sont inconnus de la direction du parti ».
Barthélemy Gnépa fait le départ entre un responsable politique, au sein du parti, et son cabinet.« Le cabinet d’un responsable politique, ce cabinet est un cabinet personnel, c’est tout ! Sinon, chaque secrétaire national a son cabinet pour faire le travail pour lequel il a été nommé. Maintenant, s’il démissionne, le cabinet peut le suivre, c’est une décision personnelle. Mais ce n’est pas parce qu’un cabinet démissionne que tous ceux qui sont membres, il s’en va avec eux. L’histoire de (cet homme) ne pose aucun problème à la direction du parti. Il est Sga, même des vice-présidents ont démissionné, et ça n’a pas empêché la marche du parti. Surtout que lui n’était pas sur le terrain », fait observer M. Gnépa. Et d’ajouter : «son départ n’impacte pas du tout le fonctionnement du parti. Moi, en tant que secrétaire général qui gère le parti, qui s’occupe de tout, je ne le connais pas ».
En ce qui concerne les membres du cabinet du Sga démissionnaire, Aka Boni Marc, Barthélemy Gnépa a fait savoir que les concernés n’étaient, en réalité, pas des membres actifs du Fpi, car absents de leur base de données.
J.F.PAGNI avec L’inter