|
Getting your Trinity Audio player ready...
|
Trois points ont structuré leur prise de parole : l’Assemblée générale élective du 21 décembre 2025 qui a réélu le président Yao Allah Kouamé (l’actuel président de la Confédération africaine de Cyclisme), le bilan financier 2025 et la situation des athlètes.
Selon le Collectif, les textes statutaires de la Fédération n’auraient pas été respectés lors de l’Assemblée générale élective. Premier grief porte sur le non-respect des délais de transmission du rapport financier. L’article 11 des statuts impose l’envoi des rapports moral et financier aux membres de l’Assemblée générale au moins quinze jours avant la réunion. Or, d’après Koffi Kouadio Bagny, le rapport financier aurait été remis le jour même du scrutin (le 21 décembre 2025).
Deuxième point de contestation : la liste des clubs habilités à voter. Les articles 4 et 10 fixent des conditions précises, notamment la régularité de l’affiliation et la participation aux compétitions nationales. Le Collectif affirme que plusieurs clubs figurant sur la liste ne remplissaient pas ces critères. Enfin, la procédure électorale, elle-même est remise en cause. Les statuts prévoient un scrutin secret pour l’élection du président. Or, selon les contestataires, le vote se serait déroulé par acclamation, malgré des objections formulées en séance. « Une élection contestée fragilise la légitimité des dirigeants et affaiblit tout le cyclisme national », a déclaré l’ex-secrétaire général, qui appelle à un examen indépendant de la régularité du scrutin.
Des zones d’ombre dans les finances. Le second volet des critiques concerne le bilan financier 2025. Le Collectif évoque une absence de consolidation des comptes. Les recettes de fonctionnement annoncées s’élèvent à un peu plus de 61 millions de Fcfa, tandis que les dépenses liées au Tour de Côte d’Ivoire dépasseraient 70 millions de Fcfa. Les recettes spécifiques du Tour (sponsors, subventions dédiées, droits télévisés) ne figureraient pas clairement dans le document soumis au vote. Autre interrogation : la traçabilité du solde positif enregistré en 2024, estimé à plus de 5 millions de Fcfa, qui n’apparaîtrait pas distinctement comme report dans le bilan 2025. Pour le Collectif, ces éléments empêchent d’avoir une vision claire de la santé financière de la Fédération. « Chaque franc destiné au sport ivoirien doit être traçable. La transparence financière est la base de la confiance », ont insisté les intervenants.
Le dernier point abordé par le conférencier concerne la précarité dans laquelle évoluent les athlètes. Il a pointé du doigt, plusieurs situations préoccupantes notamment des irrégularités dans le paiement des primes, l’insuffisance d’équipements adaptés, le manque de matériels et des difficultés logistiques lors de compétitions.
Au terme de la conférence, les clubs réunis au sein du Collectif ont saisi Le ministère des Sports. Ils demandent un audit financier indépendant des comptes de 2020 à 2025, l’annulation de l’élection du 21 décembre 2025 pour violations présumées des statuts et la mise en place d’un comité de transition neutre chargé d’organiser un nouveau scrutin. Ils réclament également des mécanismes de protection des droits des athlètes et l’ouverture d’un dialogue avec le ministère des Sports. « Nous ne cherchons pas la confrontation. Nous demandons la transparence et le respect des textes », ont conclu les participants à la conférence de presse.
Eric KOUAKOU