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La Côte d’Ivoire attendait beaucoup de Cheick son plus grand espoir de médaille dans ces Jeux après l’échec la veille de Ruth Gbagbi. Eliminé dès le premier tour à Tokyo 2020 alors qu’il avait changé de catégorie pour passer chez les lourds, le cador du taekwondo africain a montré qu’en ne lâchant rien, tout peut arriver.
« Persévérance », a déclaré Cissé Cheick à Olympics.com après sa victoire. Avant d’ajouter : « C’est ce que je dis à tous les jeunes. Il faut rêver, il faut travailler et il faut ajouter de la persévérance. Sans ça, on ne peut pas y arriver. J’ai persévéré et c’est pourquoi aujourd’hui, je suis une fierté pour mon pays. Vous savez, quand on est Africain et qu’on est l’un des plus titrés de son continent, le pays attend beaucoup de vous ». Le champion olympique de Rio ne manquait pas d’illustres supporters comme le ministre ivoirien délégué aux Sports, Adjé Silas Metch ou Tidjane Thiam, le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci). S’il y avait un peu de pression, cela ne s’est pas vu dans les premiers combats de Cissé qui a fait preuve d’autorité pour écarter ses adversaires en huitièmes (Kasra Mehdipournejad) et quarts de finale (Jonathan Healy). En demi-finale, opposé au jeune Britannique de 21 ans, Caden Cunniggham, le triple champion d’Afrique n’a pas usé de son expérience pour écarter son adversaire. Après avoir perdu le premier round, l’Ivoirien a remporté le deuxième, avant de finir à égalité dans le troisième.
Malheureusement pour lui, Cunnigham avait été le dernier à inscrire des points sur coup de pieds à la tête; victoire accordée à l’Anglais donc. Cheick Cissé est effondré, mais a droit à une deuxième chance avec la médaille de bronze. Contre le Mexicain Carlos Sansores pour le bronze, il a réalisé une belle remontée au score pour s’imposer 5-4 dans le premier round. Combatif, l’Ivoirien n’a rien lâché dans la seconde reprise, mais s’est fait surprendre à quelques secondes de la fin. À égalité, les deux hommes se sont départagés dans une manche décisive serrée et c’est Cissé qui est reparti avec la victoire. Lors du tour d’honneur avec le drapeau ivoirien à la main, Cissé avait du mal à marcher.
Blessé lors du combat, il a décidé de continuer pour tenter de ramener cette première médaille olympique lors de ces Jo pour son pays. « Je me suis fait un claquage [pendant le combat]. À chaque fois que je levais la jambe, [mon adversaire] levait le genou et j’étais déjà touché. Mais il ne fallait pas arrêter. C’était ça ou la défaite et la Côte d’Ivoire partait sans médaille. Il fallait faire un choix. J’ai fait ce choix de me sacrifier et je suis fier de représenter la Côte d’Ivoire et l’Afrique. » Avec sa médaille de bronze, c’est la troisième médaille du taekwondo africain lors de ces Jo de Paris 2024.
Cheick Cissé qui décroche ainsi la cinquième médaille olympique de l’histoire de la Côte d’Ivoire. La quatrième du taekwondo. Une médaille « importante pour le pays », estime Maître Lucien Kragbé, ceinture noire 6e dan de taekwondo, celui qui a guidé les premiers pas de Cheick Cissé au club d’Ineka de la commune de Koumassi à Abidjan. Le médaillé d’or de Rio a tenu à ce que son ancien entraîneur soit présent avec lui à Paris. Il était à Paris pour « renforcer » son poulain dans sa psychologie.
Notons que pour son entrée aux Jo, la troisième combattante de la délégation ivoirienne de taekwondo, avec Cheick Cissé et Ruth Gbagbi, Astan Bathily s’est inclinée dès les huitièmes de finale avant de perdre de nouveau en repêchages. Une élimination amère pour la taekwondiste ivoirienne qui avait le potentiel pour aller plus haut.
JC PAGNI