Face aux journalistes, l’honorable Alain Adja, député sortant et candidat à sa propre succession, a donné lecture d’une déclaration officielle du parti. Il était entouré notamment d’Aka Maxime, suppléant de l’honorable Emmou Sylvestre. Au cœur de leurs préoccupations : la disparition de cartes d’électeurs affectant 91 bureaux de vote, une information confirmée par la Commission Électorale Indépendante (CEI).
Selon les responsables du PDCI-RDA, ces cartes n’avaient pas encore été retirées par leurs titulaires au moment des faits. Elles relevaient donc exclusivement de la responsabilité de la CEI, légalement chargée de leur conservation et de leur sécurisation. Une situation jugée « grave et inacceptable » par le parti.
« Cette disparition soulève de sérieuses interrogations sur la sécurisation du matériel électoral et fait peser une menace réelle sur la sincérité du scrutin ainsi que sur la confiance des électeurs », a dénoncé Alain Adja, visiblement indigné. À quelques jours du vote prévu le 27 décembre 2025, le député sortant estime que ce dysfonctionnement pourrait porter atteinte au bon déroulement du processus électoral à Port-Bouët.
Qualifiant les législatives de décembre 2025 de « rendez-vous démocratique majeur », la liste PDCI-RDA appelle la CEI à assumer pleinement ses responsabilités. Elle exige des éclaircissements immédiats sur les circonstances exactes de cette disparition, l’ouverture d’enquêtes rigoureuses afin de situer toutes les responsabilités, ainsi que des sanctions disciplinaires et judiciaires contre les auteurs ou complices éventuels.
Le parti réclame également des mesures urgentes pour renforcer la sécurisation du processus électoral, en particulier la gestion et la conservation des cartes d’électeurs.
Prenant la parole à son tour, Aka Maxime a formulé plusieurs propositions concrètes visant à restaurer la confiance et garantir la transparence du scrutin. Il a notamment demandé la révocation et le remplacement, conformément aux textes en vigueur, des responsables des trois CEI locales de Port-Bouët, ainsi que la communication officielle de la liste des 91 bureaux de vote concernés. Il a aussi plaidé pour la production de listings électoraux avec photos, la délivrance de duplicata des cartes disparues, leur mise à disposition pour vérification, l’ouverture d’une enquête indépendante et la publication d’un rapport détaillé.
Malgré la gravité de la situation, la liste PDCI-RDA se veut confiante. Elle estime que Port-Bouët demeure un bastion historique du parti et que ces incidents ne sauraient remettre en cause son ancrage politique dans la commune.
En dernier recours, le PDCI-RDA n’exclut toutefois pas un report du scrutin législatif à Port-Bouët, afin de réunir les conditions d’une élection « sincère, crédible et apaisée ». « Il en va de la crédibilité de la CEI, de la paix sociale à Port-Bouët et de la confiance des Ivoiriens dans notre démocratie », a conclu Alain Adja, appelant à la vigilance de l’ensemble des acteurs politiques et de la société civile.
Eric KOUAKOU