L’affaire Rita Djédjé prend une nouvelle tournure judiciaire. Plusieurs personnes font désormais l’objet de poursuites dans le cadre d’une enquête portant sur des opérations immobilières présumées frauduleuses, pour un montant provisoire de 320 701 500 Fcfa.
Selon le communiqué du Procureur national financier, consulté mercredi 7 septembre par Cinews.ci, l’enquête fait suite à plusieurs plaintes déposées par une soixantaine de personnes, ainsi qu’à des dénonciations relayées sur les réseaux sociaux, notamment Facebook et TikTok. Les différentes plaintes ont été regroupées et confiées à la Direction de la Police économique et financière (Dpef).
Des parcelles proposées à des acquéreurs
Les premiers éléments de l’enquête auraient établi que Djedje Grahon Rita Bénédicte et la société Ivoire Challenge Corporation SARL auraient perçu diverses sommes d’argent auprès de plusieurs personnes auxquelles des parcelles de terrain auraient été proposées à la vente, alors qu’elles n’en seraient pas propriétaires.
Toujours selon le parquet, Rita Djédjé serait apparue dans plusieurs vidéos aux côtés de personnalités connues du public, notamment des artistes, journalistes et créateurs de contenus. Certaines de ces personnes auraient contribué à la promotion des projets immobiliers, notamment auprès d’acquéreurs potentiels ou dans des groupes WhatsApp. D’autres auraient perçu des fonds pour le compte de Rita Djédjé, selon les éléments communiqués par le Procureur national financier.
À l’issue de l’enquête préliminaire, une information judiciaire a été ouverte contre Rita Djédjé, Ivoire Challenge Corporation SARL et plusieurs autres personnes.
Sept personnalités citées
Parmi les personnes poursuivies figurent Zahibo Jean, alias John Jay ; Serey Dié Geoffroy ; Adrienne Koutouan ; Agbré Stéphane, alias Apoutchou National ; Dali Dago Aristide, alias Pantcho le Gatair ; Kouamé Yeelen Virginie, alias Maa Bio ; et Soumahoro Aboubacar, alias Yaka Yaka de Paris.
Le parquet les poursuit notamment pour association de malfaiteurs, escroquerie portant sur du numéraire par appel public à l’épargne, abus de confiance, faux et usage de faux dans des documents administratifs, complicité d’escroquerie et blanchiment de capitaux.
Ces poursuites ne préjugent toutefois pas de la culpabilité des personnes concernées, laquelle devra être établie dans le cadre de la procédure judiciaire.
Un mandat de dépôt requis
Le Procureur national financier indique par ailleurs qu’un mandat de dépôt a été requis contre Rita Djédjé. Cette mesure est notamment motivée, selon le parquet, par la nécessité de faire cesser le « trouble exceptionnel et persistant à l’ordre public » que provoqueraient la gravité des faits et de prévenir leur renouvellement.
Le parquet assure que toutes les dispositions sont prises afin de faire la lumière sur cette affaire et de déterminer les responsabilités individuelles de chacun des mis en cause.
Face à la multiplication des opérations d’investissement promues sur les réseaux sociaux, le Procureur national financier appelle enfin le public à la prudence, particulièrement lorsque ces offres sont diffusées en dehors des canaux officiels. Il met également en garde les personnalités bénéficiant d’une forte notoriété contre toute utilisation de leur influence à des fins susceptibles de constituer des infractions.
J.F.PAGNI