Pour Blé Goudé, le silence des autorités sur cette question pourrait être perçu comme de la complicité, voire une forme de trahison envers les citoyens. Il rappelle que la crise foncière, jadis perçue comme un problème rural, s’est aujourd’hui étendue aux zones urbaines, notamment à Abidjan. Ce phénomène engendre des conflits, parfois violents, pouvant mener à des pertes en vies humaines.
Il cite l’exemple de Madame Traoré, une citoyenne qui s’est sentie lésée et méprisée, et qui a eu le courage de s’exprimer publiquement. Mais combien d’autres subissent ces injustices en silence ? Blé Goudé interpelle : « Combien sont ceux à qui l’on fait comprendre que leur voix ne comptera jamais ? Combien sont ceux à qui l’on dit qu’ils ne sont rien et qui souffrent en silence ? »
Un appel à la responsabilité de l’État
L’État a pour mission de protéger ses citoyens, et les autorités doivent être garantes des droits des plus vulnérables. Selon Blé Goudé, il est impératif que justice soit rendue à ceux qui, souvent après des années d’efforts et d’économies, se retrouvent dépossédés de leurs biens. Il rappelle que de nombreux Ivoiriens de la diaspora travaillent dur et épargnent dans l’espoir d’acquérir un logement dans leur pays d’origine. Malheureusement, une fois de retour, ils sont confrontés à des pratiques frauduleuses qui les laissent démunis. « Si l’on n’est rien chez soi, où peut-on espérer être quelqu’un ? » interroge-t-il avec gravité.
Une récente enquête journalistique met directement en cause le Ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme (MCLU). Cependant, Blé Goudé fustige la lenteur des investigations officielles, rappelant que trop souvent, des enquêtes sont annoncées sans jamais aboutir. « Nous connaissons trop bien ce refrain. Il y a des enquêtes qui durent depuis plus de trente ans sans jamais aboutir. » Ainsi, il exhorte les députés à exiger des comptes du Ministre et à veiller à ce que des solutions concrètes soient apportées. Pour lui, cette audience ne doit pas se tenir à huis clos mais être retransmise en direct à la télévision, afin que la vérité soit connue de tous.
Une question d’intérêt national
Enfin, Blé Goudé met en garde contre toute tentative de politisation du débat. « Ce n’est pas une question politique, et je tiens à le préciser immédiatement pour ceux qui voudraient détourner le débat. Cette problématique concerne tout le monde : les militants de tous les partis, mais aussi ceux qui ne font pas de politique. En Côte d’Ivoire, tout le monde ne vit pas de la politique. »
L’urgence de la situation impose donc des réformes et des mesures concrètes pour garantir la protection des droits fonciers des citoyens. La balle est désormais dans le camp des autorités.
A.KONE