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Ce dernier est poursuivi pour harcèlement sexuel sur l’athlète Mariam Cissé. Ce deuxième jour d’audience, vendredi 10 janvier, au tribunal correctionnel d’Abidjan. L’accusé a reconnu les faits qui lui sont reprochés. Tous les deux absents lors de la première audience, l’entraîneur et la plaignante, l’athlète Mariama Cissé, ont pu, cette fois, répondre aux questions du tribunal.
Cette admission des faits par l’entraîneur a renforcé la position de l’accusation, qui considère les actes de Me Tadjou Attada comme un abus de pouvoir et une atteinte grave à la dignité de l’athlète. Selon maître Francine Aka-Anghui, avocate de Mariama Cissé, cette affaire pourrait servir d’exemple : « Il faut que ces entraîneurs arrêtent d’être des prédateurs. Ce sont des jeunes filles qui souvent leur sont confiées, très jeunes, qui sont brillantes et qui, à cause des agissements de leurs entraîneurs, voient leurs carrières brisées, leurs rêves brisés. C’est la première fois qu’une victime va jusqu’au bout. En général, ce genre de procès sont tués dans l’œuf parce que les interventions de part et d’autre, on est en Afrique… Vous savez ce que c’est ? C’est la famille, les gens ont peur », a-t-elle confié à Rfi.
Si l’entraîneur ne dément pas son attirance et la drague qui a suivi, son avocat, maître Panfolhié Coulibaly, réfute l’idée que ses messages prouvent un quelconque harcèlement sexuel. Me Coulibaly a tenté de minimiser la gravité des faits en les présentant sous un autre angle. « Mon client est un être humain, sujet aux sentiments. Il est tombé naturellement amoureux. Les échanges qui ont eu lieu entre eux ne constituent pas, selon nous, du harcèlement », a-t-il plaidé de son côté. L’avocat a également argué que les faits reprochés à son client ne remplissent pas les conditions légales pour être qualifiés de harcèlement sexuel. « Il n’a jamais subordonné l’acceptation de ses avances à un quelconque avantage pour la victime. Par conséquent, nous estimons que l’infraction pénale n’est pas constituée », a-t-il ajouté.
L’affaire a été mise en délibéré, et le verdict sera rendu le 21 février prochain. Ce procès a suscité une vive émotion dans le monde du sport ivoirien, où des voix s’élèvent pour dénoncer les abus de pouvoir et réclamer une meilleure protection des athlètes, en particulier des femmes. Ce cas relance le débat sur la responsabilité morale et professionnelle des encadreurs sportifs. Les dirigeants sportifs et les entraîneurs occupent une position d’autorité qui les oblige à respecter des règles éthiques strictes. La reconnaissance des faits par Me Tadjou Attada met en lumière la nécessité de renforcer la sensibilisation et les sanctions contre de tels comportements pour préserver l’intégrité du sport et la dignité des athlètes.
A.KONE