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Le ministre malien de la Défense et des Anciens combattants, le général Sadio Camara, est décédé à la suite des attaques terroristes coordonnées ayant visé plusieurs localités du pays samedi, a confirmé dimanche la télévision nationale malienne à travers un communiqué officiel du gouvernement de la Transition.
Selon ce texte, un véhicule piégé conduit par un kamikaze a visé la résidence du ministre à Kati, près de Bamako, lors des incidents survenus dans la matinée.
Sadio Camara aurait engagé des échanges avec les assaillants et réussi à neutraliser certains d’entre eux avant d’être grièvement blessé. Transporté à l’hôpital après d’intenses affrontements, il a finalement succombé à ses blessures. Le communiqué précise également que l’effondrement de sa résidence a causé d’autres victimes ainsi que la destruction d’une mosquée située à proximité, entraînant la mort de plusieurs fidèles qui s’y trouvaient.
Figure emblématique de la transition depuis 2021 et proche du président de la Transition, Assimi Goïta, Sadio Camara était considéré comme l’un des principaux architectes de la recomposition sécuritaire et diplomatique de Bamako, notamment du rapprochement stratégique avec Moscou et du déploiement d’Africa Corps aux côtés des Forces armées maliennes.
Dimanche soir, le chef d’état-major général des armées, le général Oumar Diarra, est revenu sur l’ampleur de l’offensive, affirmant que sept localités, dont Kidal, Gao, Mopti, Sévaré, Bamako et Kati, avaient été simultanément visées par des attaques « complexes et coordonnées ». Selon lui, ces offensives s’inscrivent dans « un plan de déstabilisation coordonné par des acteurs internes et externes » visant à installer une insécurité permanente dans le pays. Il a précisé que les assaillants ont utilisé des véhicules kamikazes, des engins explosifs improvisés, des drones kamikazes, des tirs indirects ainsi que des attaques directes contre les positions militaires.
Le haut commandement affirme que la riposte des FAMa a permis de « mettre en déroute l’ennemi », avec plus de 200 combattants neutralisés à ce stade, tandis que les opérations de ratissage se poursuivent dans plusieurs zones.
Concernant Kidal, le général Diarra a reconnu une situation particulière, expliquant que l’armée procède à une « réadaptation du dispositif » avec un repositionnement des forces sur la localité d’Anefis, tout en maintenant ses positions dans la région. « Nous restons dans la région de Kidal », a-t-il insisté, présentant cette manœuvre comme un choix de flexibilité opérationnelle destiné à renforcer l’efficacité des missions et la protection des populations.
De son côté, Africa Corps russe, engagé aux côtés des FAMa, a annoncé avoir quitté la ville de Kidal avec l’armée malienne, affirmant que ce retrait s’était effectué dans le cadre d’une décision conjointe avec les autorités maliennes. Les blessés et les équipements lourds auraient été évacués en priorité.
Selon plusieurs sources concordantes, les attaques ont débuté samedi vers 5h30 avec des assauts simultanés revendiqués par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, ainsi que par le Front pour la libération de l’Azawad (FLA), nouvelle appellation de l’ex-CMA.
Les groupes armés ont affirmé avoir visé notamment la résidence présidentielle, le siège du ministère de la Défense et l’aéroport international Modibo Keïta de Bamako, ainsi que des positions militaires à Kati, Gao, Kidal et Sévaré. Le FLA soutient par ailleurs contrôler la ville de Kidal. Dans un communiqué samedi soir, le gouvernement de transition avait évoqué des attaques « complexes et coordonnées », faisant état de 16 blessés parmi les civils et les militaires, tout en assurant que « la situation est totalement sous contrôle ».
Face à la dégradation sécuritaire, un couvre-feu de 72 heures a été instauré à Bamako dès samedi soir, tandis que l’aéroport international Modibo Keïta restait fermé dimanche. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), l’Union africaine (UA), ainsi que le Sénégal, la Mauritanie et le Bénin ont condamné ces attaques et exprimé leur solidarité avec les autorités maliennes.
Le président de la Transition, Assimi Goïta, le gouvernement et l’ensemble des Forces de défense et de sécurité ont rendu hommage au général Sadio Camara, saluant sa combativité, son intrépidité, son professionnalisme et son engagement. Sur décision présidentielle, il bénéficiera de funérailles nationales. Sa disparition constitue à ce stade la perte politique et militaire la plus importante officiellement reconnue depuis le début de cette offensive coordonnée et pourrait profondément reconfigurer l’équilibre du pouvoir au sein de la transition malienne.
APA