Interrogé jeudi 13 août par Sky News, en marge de la Supercoupe d’Europe disputée à Salzbourg, Patrice Motsepe a défendu le principe d’un règlement démocratique du conflit qui oppose une partie du football mondial à Gianni Infantino. « Si quelqu’un a un problème avec qui que ce soit, que ce soit Gianni ou n’importe qui d’autre, qu’il suive la procédure de la Fifa. C’est aussi simple que ça », a déclaré le président de la Caf. Avant d’ajouter : « Si vous voulez le destituer, passez par les élections. Laissez les 211 associations membres de la Fifa décider. » Pour rappel, la Caf reste, à ce jour, avec la Conùebol, la seule confédération à ne pas avoir fermé la porte au projet de privatisation de la Coupe du monde. Pire encore, la Caf s’était récemment rangée du côté de Gianni Infantino dans un communiqué et l’avait « remercié pour son appui constant au football africain au fil des années ». L’instance en avait aussi profité pour affirmer « à l’unanimité son soutien » à la Fifa.
Ces déclarations interviennent alors que la contestation contre Gianni Infantino prend de l’ampleur. Plusieurs confédérations, notamment l’Uefa, la Concacaf et l’Afc, s’opposent de plus en plus ouvertement à la gouvernance du président de la Fifa. La Caf, elle, a officiellement choisi de soutenir l’Italo-Suisse. Âgé de 56 ans, Gianni Infantino est notamment sous pression depuis son projet visant à ouvrir davantage la Fifa à des investisseurs privés, une initiative qui a suscité de vives réactions dans le monde du football. Patrice Motsepe, qui a rencontré mercredi à Salzbourg le président de l’Uefa, Aleksander Čeferin, appelle néanmoins à laisser le processus électoral suivre son cours. « Il faut être très prudent. Des élections auront lieu l’année prochaine. Ne devrait-on pas laisser ce processus suivre son cours ? », a-t-il déclaré.
L’élection à la présidence de la Fifa, prévue en mars prochain à Rabat, au Maroc, pourrait ainsi constituer le véritable test de la légitimité de Gianni Infantino. Les 211 fédérations membres seront appelées à se prononcer sur l’avenir du président sortant. La bataille s’annonce d’autant plus incertaine que plusieurs fédérations européennes ont pris leurs distances avec Infantino. Jeudi, la Fédération irlandaise est devenue la dernière en date à lui retirer officiellement son soutien. Les fédérations anglaise et galloise ont également exprimé leur appui à la position de l’Uefa.
L’Uefa a même brandi la menace d’un boycott de certaines compétitions de la Fifa tant que Gianni Infantino restera à la tête de l’instance. Dans ce contexte, Patrice Motsepe préfère donc s’en remettre au verdict des urnes. Pour le patron de la Caf, la légitimité du président de la Fifa ne doit pas être tranchée par la pression politique ou les rapports de force entre confédérations, mais par le vote des fédérations membres.
A.KONE