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Cette réunion d’urgence, tenue dans la salle des conférences de la Direction générale des Affaires maritimes (Dgam), était présidée par le Directeur général adjoint chargé des affaires opérationnelles, le colonel Sanogo Sékou. Elle faisait suite au chavirement d’une embarcation artisanale sur les eaux de Liboli, un accident qui a coûté la vie à plusieurs passagers et suscité une vive émotion au sein de l’opinion publique.
Les responsables de la Dgam avaient pour mission d’établir un état précis de la situation, d’analyser les circonstances du naufrage et de proposer des solutions concrètes afin d’éviter que de tels événements ne se reproduisent sur les voies d’eau intérieures du pays. À cette occasion, le colonel Baya Charles, directeur du Bureau d’enquêtes de sécurité maritime, d’études et de recherche (Besmer), a présenté les premiers résultats des investigations menées sur les lieux du drame. Selon les conclusions provisoires de l’enquête, le naufrage de Liboli est exclusivement imputable à des facteurs humains. Cette analyse met en évidence des manquements dans le respect des règles de navigation ainsi que des comportements à risque qui continuent de compromettre la sécurité des passagers.
Le directeur du Besmer a également dressé un tableau préoccupant de la navigation intérieure en Côte d’Ivoire. Au cours des cinq dernières années, les services compétents ont enregistré 38 accidents de navigation sur les fleuves, lagunes et lacs du pays. Ces sinistres ont provoqué la mort de 59 personnes, révélant la nécessité de renforcer le dispositif de prévention et de contrôle sur l’ensemble des plans d’eau. Face à cette situation jugée alarmante, les participants à la réunion ont adopté cinq recommandations destinées à mieux encadrer les activités de navigation intérieure.
La première mesure prévoit l’instauration de plages horaires réglementées pour la circulation des embarcations, avec pour objectif de limiter les déplacements nocturnes, considérés comme particulièrement dangereux.
La deuxième décision porte sur la suppression immédiate de toute dérogation ou prescription allégée accordée avant le départ des embarcations. Désormais, aucun navire ne pourra appareiller sans satisfaire pleinement aux exigences de sécurité en vigueur.
La troisième recommandation concerne la révision complète de la procédure de délivrance des titres de circulation. Cette réforme vise à garantir que toutes les embarcations disposent des documents réglementaires et présentent les conditions techniques nécessaires à une navigation sécurisée. En quatrième lieu, la DGAM entend renforcer les opérations de contrôle et de surveillance sur le terrain. Les inspections seront intensifiées, notamment dans les zones de départ les plus fréquentées, afin de veiller au strict respect des règles de sécurité.
Enfin, la cinquième mesure prévoit l’élaboration d’un nouveau cadre juridique définissant une procédure claire et rigoureuse pour l’immatriculation des embarcations évoluant sur les voies d’eau intérieures.
À travers cet ensemble de dispositions, la Direction générale des Affaires maritimes ambitionne de réduire significativement le nombre d’accidents sur les plans d’eau ivoiriens et d’offrir davantage de garanties de sécurité aux populations qui dépendent quotidiennement du transport fluvial et lagunaire. La DGAM réaffirme ainsi sa détermination à renforcer la prévention, à faire respecter les normes de navigation et à protéger les vies humaines sur l’ensemble des voies navigables du pays.
E.KOUAKOU