Lors d’un point de presse organisé le samedi 21 mars à son siège de Cocody, aux Deux-Plateaux Vallons, l’institution a rejeté en bloc ces accusations. L’organisation, qui représente le Comité international olympique en Côte d’Ivoire, dénonce des « allégations dénuées de tout fondement » visant, selon elle, à « déstabiliser la dynamique positive » engagée depuis l’arrivée de son président.
Face aux médias, une déclaration officielle a été lue par la responsable de la communication, Namama Fadiga Nadège épouse Allangba, en présence de plusieurs membres du comité exécutif, dont le premier vice-président Allah Kouamé et le secrétaire général Jeannot Kouamé. L’institution y apporte des éclairages sur les principaux griefs soulevés par le groupe contestataire.
Au cœur de la controverse, figure l’assemblée générale du 6 décembre 2025. Le Cno-Civ assure avoir respecté scrupuleusement ses statuts, notamment en convoquant les membres un mois à l’avance, avec tous les documents requis : ordre du jour, rapports d’activités, comptes audités et rapports des commissaires. Selon le Comité, les fédérations, aujourd’hui réunies au sein du groupe « Solidarité », ont volontairement boycotté cette rencontre. Parmi elles, figurent notamment les fédérations de badminton, d’escrime, de gymnastique, de lutte, de rugby ou encore de volley-ball. « Il est donc inexact de parler d’un climat d’exclusion », soutient le Cno-Civ, qui précise que le quorum avait été atteint avec 18 membres présents sur 31. Des représentants du ministère des Sports, présents ce jour-là, peuvent en attester, affirme le Comité.
Opacité
Autre point de tension : le budget 2026, estimé à 2,1 milliards de Fcfa, jugé opaque par ses détracteurs. Le Cno-Civ réfute toute opacité et justifie ce montant par le caractère « exceptionnel » de l’année. Cette enveloppe est notamment liée à la préparation des Jeux olympiques de la jeunesse prévus à Dakar, une première sur le continent africain. Le trésorier général, le professeur Alfred Karou, a assuré que tous les détails financiers avaient été présentés conformément aux règles. Concernant l’attribution des bourses olympiques, le secrétaire général Jeannot Kouamé a insisté sur le fait que le comité ne décide pas seul. Il a détaillé tout le processus et fait remarquer qu’une commission incluant des représentants du ministère des Sports, de la Commission des athlètes et du Comité a été mise en place pour sélectionner les candidats. La liste est ensuite transmise aux instances continentales et internationales, notamment à la Solidarité olympique via l’Acnoa, qui procèdent à la validation finale.
Sur les accusations de rupture avec la « base sportive », le Comité rappelle ses prérogatives définies par la Charte olympique et la loi ivoirienne sur le sport. Il affirme ne jamais intervenir de manière unilatérale dans les crises internes des fédérations. « C’est toujours le ministère des Sports qui saisit le Cno-Civ », précise l’institution. Elle rappelle d’ailleurs la mise en place, le 29 janvier 2026, d’un comité bipartite associant le ministère et le Cno-Civ pour gérer les litiges fédéraux.
Le Comité souligne enfin que plusieurs fédérations actuellement en crise appartiennent au groupe « Solidarité », rejetant toute responsabilité dans ces tensions. En filigrane, cette passe d’armes révèle des tensions profondes au sein du mouvement sportif ivoirien. Entre accusations de gouvernance opaque et dénonciation de manœuvres de déstabilisation, le climat reste tendu. Le Cno-Civ, par la voix de son président Georges N’Goan, appelle à « préserver l’unité du mouvement olympique » et à maintenir le cap sur le développement du sport national.
Eric KOUAKOU