Mory Gbané, milieu défensif ivoirien de 24 ans évoluant au Stade de Reims. Il a signé début février 2025, jusqu’en 2029. Formé au Stade d’Abidjan, il a débuté sa carrière professionnelle en Côte d’Ivoire avant de rejoindre l’Europe en 2019, en signant avec le NK BSK Bijelo Brdo en Croatie. Après trois saisons au cours desquelles il a su s’imposer dans l’entrejeu avant de poursuivre son parcours en Russie avec le FK Khimki, puis au Portugal sous les couleurs du Gil Vicente FC. Une ascension progressive qui fait aujourd’hui de lui l’un des meilleurs milieux de terrain du championnat portugais. Joueur athlétique et doté d’une vision de jeu aiguisée, Mory Gbane est reconnu pour sa capacité à récupérer les ballons et à relancer proprement, apportant ainsi un équilibre essentiel entre la défense et l’attaque. Mobile, tonique et doté de belles capacités physiques, Mory Gbane est un joueur polyvalent qui peut aussi évoluer en défense centrale.
Vous avez signé à Reims en provenance de Pourquoi avez-vous choisi cette équipe, parmi les nombreux d’autres clubs qui vous ont fait des propositions ?
Je pense que c’est le club qui avait quand même le meilleur projet pour moi. C’est-à-dire par rapport au temps des Jeux. Et aussi par rapport au nombre de joueurs qui sont passés ici. Et la façon dont le club est structuré. C’est ce qui m’a motivé à venir à Reims. Il y avait d’autres offres, c’est vrai. Mais je pense que Reims, c’était le club idéal. C’est le club que mes agents et moi avaient ciblé en France. Où je voulais jouer et me faire voir.
Quelles sont vos premières impressions sur le club et l’environnement du travail ?
Je pense que les clubs sont vraiment bien structurés. L’environnement est bien. Il y a un très bon stade d’entraînement. Et aussi le fait que je vais croiser des joueurs ivoiriens ici, cela va me faciliter l’adaptation. Je pense que c’est une belle ville aussi. C’est une petite ville. J’aime bien aussi ce genre de ville où il n’y a pas trop de monde. C’est idéal pour moi. Tout se passe bien vraiment. C’est vrai que c’est un peu difficile en ce moment en championnat coté résultat. Mais tout passe bien vraiment dans le club.
M. Pol-Edouard Caillot a évoqué votre marge de progression. Quels sont les aspects de ton jeu que tu souhaites améliorer ?
Je me rends disponible pour le club. J’essaie de donner le maximum de ce que je peux donner en ce moment. Parce que je suis arrivé quand même dans un temps un peu difficile. On est vraiment mal placé au classement. Je pense que match après match, ce que je peux apporter, c’est de donner le mieux de moi-même. C’est sur plein d’aspects que je vais progresser dans mon jeu. J’essaie aussi d’apporter plus offensivement, d’être un peu plus décisif parce que je ne l’étais pas. Je suis bon dans la récupération, dans le jeu physiquement. Je récupère bien les ballons, je joue bien. Mais je ne suis pas très bon dans la finition. Dans le football de haut niveau, le milieu de terrain, doit avoir des statistiques. Cela compte aussi aux yeux de certains clubs et de tout le monde. Donc, il faut que j’arrive aussi à améliorer mes statistiques. Si j’arrive à marquer des buts, à être décisif, à donner des passes décisives, c’est ça que je veux vraiment m’améliorer aussi en ce moment.
Quel est l’état d’esprit du groupe en ce moment ?
Je pense qu’on est serein. On est conscient aussi qu’il y a une situation difficile. Mais il y a des cadres qui sont là, des gens qui ont déjà vécu ce genre de situation, qui essaient aussi de donner des bons messages. Il y a les coachs aussi qui essaient d’apporter leur plus, pour essayer de montrer aux joueurs de ne pas paniquer. Parce que ce sont des situations un peu difficiles. Quand vous vous laissez emporter par les problèmes, vous pouvez plonger plus facilement encore. Donc, il faut rester serein et travailler et donner le mieux. C’est ce qu’on a besoin en ce moment, pour aller chercher les résultats jusqu’à la fin de la saison.
Le championnat français est très exigeant, notamment pour les milieux défensifs, comme vous. Quel regard portez-vous sur ce championnat ?
Avant d’arriver ici, j’avais quand même des informations sur le niveau d’intensité. Par les matchs que j’ai joués, je n’ai pas vu que j’avais vraiment un écart de niveau. Mais je pense que je dois encore travailler sur certains aspects, pour donner encore plus que ce que je donne déjà. La Ligue 1, c’est le cinquième meilleur championnat au monde. Niveau intensité, niveau qualité de jeu, niveau tactique, c’est beaucoup exigeant. Je dois encore travailler plus que ce que je faisais avant pour pouvoir m’acclimater au championnat.
On vous décrit comme un milieu défensif athlétique, capable de jouer en défense centrale. Quelle est ta position préférée ?
Ma position préférée, c’est jouer la position que j’occupe sur le terrain. Mais il est arrivé à des moments que les coachs ont dit par rapport à certaines qualités que j’avais, que je pouvais peut-être en défense centrale.
Et c’est arrivé à des matchs où j’ai joué en défense centrale. Mais je préfère jouer quand même au milieu. C’est le poste que j’aime le plus, où je me sens le plus à l’aise aussi.
Pour un récupérateur comme vous, quelles sont les qualités essentielles pour exceller à votre poste ?
Les qualités essentielles, il faut avoir d’abord aussi une bonne lecture du jeu. Il faut avoir aussi une grande capacité de réflexion, d’anticipation parce que récupérer le ballon, c’est savoir anticiper, savoir où l’adversaire va passer. Donc ça demande aussi beaucoup d’intelligence, beaucoup d’anticipation et beaucoup de concentration aussi. Surtout, athlétiquement. Il faut bien être prêt physiquement, parce que c’est des courses pour récupérer énormément de ballons.
Avez-vous un modèle de joueur auquel vous vous identifiez dans ce rôle-là ?
Spécifiquement, je ne m’identifie pas forcément à un joueur. J’ai un milieu de terrain que j’ai toujours admiré depuis mon jeune âge, c’est Yaya Touré, que j’ai toujours admiré. On n’a pas forcément le même profil ou le même jeu, mais c’est un milieu de terrain que j’ai toujours admiré.
Je me suis dit que j’aimerais bien jouer comme lui, être décisif comme lui, faire des choses comme lui. C’est mon modèle, Yara Touré.
Quels sont vos objectifs pour cette première saison au Stade de Reims ?
Je pense que mon objectif ici à court terme, déjà dans la situation dans laquelle nous sommes, c’est de s’en sortir, se maintenir. En ce moment, c’est ce que j’ai en tête en priorité. A long terme avec Reims, c’est de pouvoir encore progresser, faire des matches, pourquoi pas chercher des places européennes. Aussi, pourquoi pas en sélection, jouer la Can et tout. Ce sont des objectifs que j’ai vraiment à long terme aussi et qui sont importants pour moi.

Si vous deviez choisir un championnat, dans lequel vous souhaiteriez évoluer à l’avenir ?
Moi, j’avais toujours rêvé de jouer à la Ligue 1. Et puis en fait, c’est un pays francophone. Mais aujourd’hui, avec le football qui évolue, s’il y a un championnat où j’aimerais jouer plus tard, ce serait la Première Ligue. Avec le niveau qu’il y a là-bas, ce serait bien aussi d’aller côtoyer ces jeunes joueurs là-bas, certaines équipes aussi.
Dans cinq ans, sur le plan professionnel et personnel, où est-ce que vous vous voyez ?
Dans cinq ans, je ne sais pas. Mais je me dis peut-être dans un an, deux ans, je me vois toujours ici (à Reims) en train de faire une belle saison, également en équipe nationale. Si j’enchaîne des bonnes performances, peut-être qu’elles peuvent attirer l’attention du sélectionneur.
A long terme, je n’y pense pas beaucoup en ce moment parce que le football, il va tellement vite. Il y a beaucoup de choses qui peuvent arriver. Pour l’heure, c’est d’abord les clubs, réussir le maintien, bien m’acclimater dans le championnat et puis essayer de gratter quelques sélections, tout ça, avant la Can.
Comment voyez-vous la Côte d’Ivoire face aux challenges des prochaines Coupe du monde et de la Coupe d’Afrique des nations ?
Maintenant, il n’y a plus de petites équipes. Tout le monde joue bien au football. Le football a évolué vraiment dans beaucoup de pays en Afrique. Surtout avec la dernière Can, on a vu vraiment la qualité de certaines équipes. L’Afrique du Sud et le Cap-Vert ont fait sensation. Je pense que ce sont des matchs qui vont être aussi difficiles parce que c’est un match à l’extérieur et un match chez nous à domicile.
Avec la qualité des effectifs que la Côte d’Ivoire a, il y a la possibilité d’aller prendre six points quand même.
En dehors du football, comment occupez-vous votre temps libre et quels sont les meilleurs conseils que vous avez reçus depuis votre arrivée à Reims ?
En dehors du football, je suis à la maison. Je regarde la télé. J’aime beaucoup regarder en tout cas les films où je suis sur ma PlayStation.
Quelquefois, je suis en appel visuel avec ma famille. On passe une heure du temps à échanger au téléphone. J’aime rester à la maison. J’ai reçu des conseils quand je suis arrivé ici mais aussi des messages de félicitations parce qu’ils avaient des informations sur mon parcours parce que ça n’a pas été facile. Être aujourd’hui en Ligue 1, c’est vraiment bien. Ils m’ont encouragé à continuer à bosser pour donner toujours le meilleur de moi-même comme j’ai toujours fait.
Beaucoup de jeunes footballeurs, rêvent d’une carrière en Europe.
Quels conseils, quels messages pouvez-vous leur transmettre ?
Il faut avoir beaucoup de patience. Parce que le football, ce n’est pas un sport tout ce que tu donnes, va payer forcément demain ou après-demain. Tu ne sais pas quand ça va payer. Il y a beaucoup de jeunes aujourd’hui qui rêvent quand même de devenir footballeurs. Mais ce n’est pas facile. Les jeunes doivent d’abord se concentrer sur leurs études. C’est quelque chose d’important aussi. Parce que le foot, c’est bien mais si demain, le foot ne réussit pas, au moins tu auras quelques diplômes, tu pourras t’en sortir dans la vie. C’est très important pour un jeune footballeur. Pour ceux qui veulent continuer, il faut persévérer. Il faut croire en soi. Il faut aussi beaucoup prier, demander aussi à Dieu. Parce que quoiqu’on fasse dans la vie, il y a Dieu qui est là. Et ce sont ces choses-là qui peuvent nous aider à avancer et à réussir dans ce qu’on veut.