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Face à la Mauritanie (8-0) puis aux Îles Turques-et-Caïques (15-1), les Ivoiriennes ont affiché une supériorité nette, tant sur le plan technique qu’athlétique. Mais c’est lors du troisième match, disputé au Stade Olympique Alassane Ouattara d’Ebimpé, que les enseignements les plus précieux ont émergé. Opposées au Pakistan, les joueuses de Reynald Pedros se sont imposées 2-0, au terme d’une rencontre plus disputée, révélatrice des limites actuelles du groupe. En conférence de presse, le sélectionneur n’a pas cherché à masquer ses inquiétudes. « On a gagné ce tournoi, on est content. Mais on sait qu’il y a encore du travail », a-t-il confié avec lucidité. Un discours qui tranche avec l’euphorie que pourraient susciter les larges victoires initiales.
Face à une équipe pakistanaise plus structurée, les Éléphantes ont peiné à imposer leur rythme. Moins tranchantes offensivement, parfois brouillonnes dans la construction, elles ont surtout montré des difficultés à s’adapter à une opposition plus disciplinée. « On est tombé sur un faux rythme », reconnaît Pedros, soulignant un manque de constance dans l’intensité et l’animation du jeu. Ce contraste met en lumière une réalité : les deux premiers matchs, largement dominés, ne reflètent pas le niveau d’exigence des compétitions à venir. Le troisième, en revanche, se rapproche davantage des standards internationaux auxquels la Côte d’Ivoire devra se confronter.
Au-delà du trophée, cette Fifa Series avait pour vocation de préparer l’équipe à un format proche des grandes compétitions, avec des matchs rapprochés, une gestion de l’effectif et l’intégration de nouvelles joueuses. Sur ce plan, le bilan est plus nuancé. La Côte d’Ivoire doit encore progresser dans plusieurs domaines clés. D’abord, la capacité à maintenir un haut niveau d’intensité sur l’ensemble d’un tournoi. Ensuite, la maîtrise tactique face à des adversaires mieux organisés, capables de casser le rythme et d’exploiter les temps faibles. Enfin, la profondeur de banc reste un enjeu majeur, dans un contexte où les compétitions internationales exigent rotation et polyvalence.
Le sélectionneur insiste également sur la nécessité de ne pas se laisser tromper par les résultats. « On ne peut pas se permettre de se reposer sur nos lauriers », prévient-il, conscient que les adversaires à venir, notamment lors de la prochaine Coupe d’Afrique des nations, présenteront un tout autre niveau d’adversité.
À quelques mois des rendez-vous continentaux, la Côte d’Ivoire avance donc entre certitudes et interrogations. Le potentiel est là, les résultats aussi. Mais pour espérer rivaliser avec les meilleures nations africaines, les Éléphantes devront franchir un cap. Cela passera par un travail approfondi sur l’organisation collective, la gestion des temps faibles et l’efficacité offensive face à des blocs compacts. Autant de détails qui, à haut niveau, font la différence. La victoire à la Fifa Series 2026 offre une base de confiance. Mais elle agit surtout comme un révélateur. Pour Reynald Pedros et son groupe, le plus dur commence maintenant : transformer ce succès en véritable tremplin vers une équipe compétitive, capable de répondre aux exigences du football international.
A.KONE