Le quart de finale entre le Mali et le Sénégal se jouera le vendredi 9 janvier 2026 au Grand Stade de Tanger. Un stade que le Sénégal connaît bien et où l’ambiance s’annonce électrique, tant dans les tribunes que sur le terrain. Champion d’Afrique en 2021, le Sénégal avance avec un statut de favori assumé, malgré une qualification plus laborieuse que prévu en huitièmes face au Soudan (3-1). Menés dès la 6e minute, les Lions de la Teranga ont su renverser la situation grâce à leur caractère et à leur profondeur de banc. Omniprésent, Sadio Mané a montré la voie par son activité et son leadership.
Pape Gueye, auteur d’un doublé, et le très jeune Ibrahim Mbaye, buteur à seulement 17 ans, ont illustré la variété offensive sénégalaise. Le Mali, lui, a dû s’employer jusqu’au bout de la nuit pour écarter la Tunisie. Réduits à dix dès la 26e minute après l’expulsion de Woyo Coulibaly, les Aigles ont livré un match fermé, haché, longtemps pauvre en occasions. Ils ont arraché l’égalisation dans le temps additionnel avant de s’en remettre aux nerfs et à leur gardien Djigui Diarra, décisif lors de la séance de tirs au but (1-1, 3-2 tab).
Côté effectif, le Sénégal pourra compter sur le retour de Kalidou Koulibaly. Suspendu lors du tour précédent après son carton rouge contre le Bénin, le capitaine des Lions a purgé sa sanction et sera bien disponible, comme l’a confirmé le sélectionneur Pape Thiaw. En revanche, le Mali devra composer avec plusieurs absences notables. Expulsé face à la Tunisie, Woyo Coulibaly sera logiquement forfait pour ce quart de finale, un coup dur sur le plan défensif. Nathan Gassama et Sikou Niakaté sont également indisponibles sur blessure, tout comme Gaoussou Diarra, rentré au Feyenoord pour se soigner en vue d’une éventuelle demi-finale. Hamari Traoré et Amadou Haïdara, en revanche, sont bien opérationnels.
Ce Mali-Sénégal s’inscrit dans une rivalité ancienne et équilibrée. Depuis 1985, les deux sélections se sont affrontées à 22 reprises. Le bilan penche légèrement en faveur du Sénégal, avec 8 victoires, contre 5 pour le Mali et 9 matches nuls. Des chiffres qui reflètent la nature souvent indécise et disputée de ce duel. Au-delà des statistiques, ce quart de finale dépasse le simple cadre sportif. Proximité géographique, cultures entremêlées, joueurs qui se croisent en club et fierté nationale exacerbée nourrissent ce « derby du thieb », l’un des plus attendus du continent. Si le Sénégal semble mieux armé sur le papier, avec davantage d’expérience et de certitudes offensives, le Mali a montré qu’il savait souffrir, fermer le jeu et frapper au moment opportun. Dans un match où l’intensité émotionnelle sera maximale, la moindre erreur pourrait coûter très cher.
A.KONE