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Opposés au Lys de Sassandra, déjà relégué, les Stadistes n’avaient besoin que d’un nul pour être sacrés. Ils ont préféré boucler leur saison en patron, avec une victoire nette 3-0, au terme d’une 30e journée parfaitement maîtrisée. Cette victoire leur permet de finir en tête devant l’Asec Mimosas, leur grand rival cette saison. Fondé en 1936, le Stade d’Abidjan a longtemps été un poids lourd du football ivoirien.
Champion à cinq reprises dans les années 1960, vainqueur de la Ligue des champions africaine en 1966 (alors appelée Coupe d’Afrique des clubs champions), il a vu passer des joueurs emblématiques comme Ibrahima Bakayoko (ancien de l’Om) ou Didier Otokoré (Auxerre), Oumar Ben Salah (Le Mans). Mais après le titre de 1969, le club est progressivement tombé dans l’oubli, relégué à un rôle secondaire dans un paysage dominé par l’Asec Mimosas et l’Africa Sports.
Ce sacre 2025 n’est pas un hasard. Déjà vice-champions en 2024, les Stadistes ont opéré une véritable remontée depuis leur retour dans l’élite. Leur parcours en Ligue des champions Caf 2024 s’était arrêté dès les tours préliminaires, mais cette expérience semble avoir servi de tremplin. Avec ce nouveau titre, le Stade d’Abidjan retrouvera la Ligue des champions Caf en 2025 pour la deuxième fois consécutive. Il tentera cette fois de franchir un cap sur la scène continentale. Une ambition réaliste au vu de la progression de l’équipe, désormais structurée autour d’un projet clair.
Ce retour au sommet porte la marque d’un homme, Alexandre Lafitte, jeune entraîneur français de 28 ans, arrivé en janvier 2023. Sans passé de joueur professionnel, Lafitte a pourtant rapidement gravi les échelons. Formé dans les structures du Paris Fc (section féminine en D1), puis passé par Gueugnon (National 3), il s’est imposé comme l’un des techniciens les plus prometteurs du continent.
Sous sa direction, le Stade d’Abidjan joue un football discipliné, intelligent et efficace. Ce sacre est aussi un signal fort pour le football ivoirien, qui peine à briller en compétitions interclubs depuis plus de deux décennies. Le dernier sacre ivoirien en Ligue des champions Caf remonte à 1998, avec l’Asec Mimosas. Depuis, malgré la montée en puissance de la sélection nationale avec trois Can (1992, 2015, 2024), les clubs locaux peinent à rivaliser avec les poids lourds nord-africains ou d’Afrique australe.
Le renouveau du Stade d’Abidjan pourrait incarner une nouvelle dynamique, en apportant de la diversité et de la fraîcheur à un championnat longtemps monopolisé par les mêmes noms. Fort d’un effectif jeune, une direction ambitieuse, et une place en Ligue des champions Caf déjà assurée, le Stade d’Abidjan a désormais les clés pour redevenir une place forte du football ivoirien. La mission sera ardue.
E.KOUAKOU