Prévue à 12 heures, cette rencontre devait rassembler les enseignants autour des revendications liées à leurs primes. Cependant, elle a été interrompue par une descente de la police nationale. Selon des témoignages recueillis sur place, alors que certains enseignants étaient déjà dans la salle et que d’autres arrivaient, des cargos de police ont fait irruption aux abords de la cathédrale.
Les forces de l’ordre ont procédé à l’interpellation de plusieurs enseignants, reconnaissables à leurs tee-shirts rouges, symbole de la mobilisation syndicale. Ces derniers ont été embarqués dans des véhicules de police et conduits vers une destination inconnue.
D’après un membre de l’IS-MENA contacté par téléphone, certains enseignants arrêtés auraient été conduits à la préfecture de police tandis que d’autres se trouveraient actuellement à la brigade de recherche. Le porte-parole principal des deux intersyndicales, Bli Blé David, a confirmé ces arrestations. « Effectivement, ils ont pris des camarades », a-t-il déclaré, précisant qu’il tentait encore de déterminer leur localisation exacte.
Cette opération policière suscite une vive indignation parmi les enseignants et leurs sympathisants. De nombreux acteurs du secteur de l’éducation dénoncent une entrave au droit de réunion et une tentative d’intimidation visant à étouffer leurs revendications.
Mobilisation syndicale sous tension
La situation autour des primes des enseignants est explosive depuis plusieurs semaines. Les intersyndicales IS-MENA et IS-METFPA multiplient les actions pour obtenir satisfaction. Un mot d’ordre de grève lancé l’année dernière a été largement suivi, perturbant le fonctionnement de nombreux établissements scolaires.
Face à cette crispation, les syndicats avaient convoqué cette assemblée générale pour faire le point sur les négociations en cours et envisager de nouvelles actions. L’intervention musclée de la police pourrait cependant aggraver la colère des enseignants et radicaliser leur mouvement.
Cette série d’arrestations risque de compliquer davantage le dialogue entre le gouvernement et les syndicats du secteur de l’éducation. Alors que les enseignants réclament le paiement effectif de leurs primes et une amélioration de leurs conditions de travail, la répression policière de ce jour pourrait entraîner de nouvelles manifestations.
Les organisations syndicales exigent déjà la libération immédiate de leurs camarades. Une déclaration officielle des autorités est attendue pour clarifier les motifs de ces interpellations et déterminer les suites à donner à cette affaire. En attendant, la communauté enseignante reste mobilisée et prête à intensifier son mouvement pour obtenir gain de cause.
A.K.