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Pascal Affi N’guessan a saisi l’occasion pour se prononcer sur la situation sociopolitique et économique de la Côte d’Ivoire. L’opposant a critiqué vertement le pourvoir en place, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), avant de fixer les grandes orientations du Fpi pour cette année 2026.
En ce qui concerne le Rhdp, le président du Fpi a dénoncé une gestion du pouvoir qu’il juge clanique et de supposées fraudes électorales massives lors des élections de 2025 (présidentielle et législatives). L’ex-Premier ministre a décrié des inégalités sociales, un taux de pauvreté élevé, la cherté de la vie, ainsi que la création de postes budgétivores au sein du gouvernement et de la Présidence de la République.
M. Affi a mentionné entre autres, pour illustrer son propos, le poste de vice-Premier ministre nouvellement créé, s’indignant au passage contre ce qu’il a qualifié de « processus de succession dynastique » en cours au Rhdp. « Le tribalisme, le conservatisme et le providentialisme sont des obstacles à l’émancipation, au changement, à l’alternance politique. C’est pourquoi, la lutte pour l’alternance doit cibler la libération des consciences. Notre premier problème, c’est de libérer les consciences, partout, de faire des Ivoiriens, des citoyens qui prennent leurs décisions en leur âme et conscience », a signifié Affi N’guessan, prônant « l’esprit de progrès ».
Le chef de file du Fpi a galvanisé les militants de son parti. Il leur a demandé de garder espoir face à la situation sociopolitique et économique de la Côte d’Ivoire qui, pour lui, est peu reluisante. « L’homme de progrès, c’est celui qui n’est pas prisonnier du tribalisme, qui n’est pas prisonnier du conservatisme, qui n’est pas prisonnier du providentialisme, qui veut avancer. Et cette valeur est au centre de notre combat, au centre des valeurs du socialisme parce que nous considérons que tout est possible. C’est pourquoi, au-delà de ce que nous vivons à l’heure actuelle, nous ne devons pas désespérer », a-t-il déclaré.
Année de la résistance et du sursaut
Le président du Fpi fait comprendre à ses partisans qu’ils ne doivent surtout pas considérer que « tout est géré, tout est bouclé, tout est définitivement acquis » par le Rhdp qui détient, pour l’heure, tous les leviers du pouvoir, après ses larges victoires à l’élection présidentielle du samedi 25 octobre 2025 et aux élections législatives du samedi 27 décembre 2025. « Nous avons encore notre mot à dire, nous avons encore un combat à mener. L’heure n’est ni au découragement, ni à la résignation. Au contraire, 2026 doit être l’année de la résistance et du sursaut. Je voudrais que ce soit ce thème que vous ayez en tête en rentrant chez vous. 2026 doit être l’année de la résistance et du sursaut parce que nous ne pouvons pas abandonner la Côte d’Ivoire dans la situation où elle se trouve », a-t-il insisté.
Pascal Affi N’guessan a laissé entendre que, désormais, il entend mener de front, en première ligne, avec les militants et cadres du Fpi, le combat politique pour la démocratie, la justice sociale et le progrès en Côte d’Ivoire. « C’est vrai, nous allons nous attendre à une année difficile, mais c’est parce que les choses sont difficiles que nous nous sommes engagés dans la politique. C’est parce que les choses sont difficiles que nous avons créé le Front populaire ivoirien, parce que quand c’est difficile, quand c’est dur, ce sont les durs qui avancent, et nous sommes un parti de durs », a-t-il mis « ses troupes » en ordre de bataille pour les défis politiques à relever.
Stratégie du Fpi
Le président du Fpi a expliqué que pour mener les batailles politiques à venir, son parti doit, plus que jamais, clarifier sa stratégie de lutte. « Nous devons tirer, avec lucidité, les leçons de nos échecs passés dans la lutte pour la liberté, la démocratie et l’alternance. Nous avons bâti une stratégie en nous appuyant principalement sur des leaders politiques, sur l’élite politique, en attendant parfois que nous puissions nous entendre avec cette élite pour mener ensemble le combat. Mais les résultats sont là. Et ils ne datent pas d’aujourd’hui. Depuis que le Front populaire ivoirien a perdu le pouvoir en 2011, nous sommes dans ce schéma. Mais ce qui s’est passé en 2025 est éclairant », a constaté l’ancien Premier ministre.
Pascal Affi N’guessan a souligné que le sursaut exige un changement de paradigme, une révolution des mentalités, un engagement politique et la poursuite des réformes internes engagées au Fpi. « La révolution des mentalités consiste à rompre avec la résignation, la peur et l’acceptation passive de l’injustice qui fragilise notre démocratie… Nous devons rompre aussi avec les combats de personnes pour porter le combat du peuple, pour porter les combats d’idées, des projets de société, et une vision crédible pour la Côte d’Ivoire. Nous devons comprendre que le salut de la Côte d’Ivoire ne viendra pas d’un homme providentiel ni d’une illusion messianique, mais de l’engagement du peuple conscient, mobilisé et déterminé », a-t-il précisé, appelant à la promotion d’une vision progressiste, à la remobilisation des militants du Fpi et à la redynamisation des structures régionales de son parti.
Conquête de postes électifs. M. Affi a engagé son parti sur la voie de la conquête de postes électifs aux prochaines élections locales (municipales et régionales), ainsi qu’aux scrutins législatifs et à la présidentielle à venir. Il a annoncé un maillage plus efficace du terrain politique à Abidjan et à l’intérieur du pays, un renforcement de la communication du Fpi, la poursuite du processus d’identification des militants de son parti, et le recrutement de nouveaux militants. « La configuration de la vie politique aujourd’hui nous invite à plus d’engagement. Je ne peux pas me retirer au moment où la Côte d’Ivoire a besoin de la mobilisation de ses fils. Je ne peux pas me retirer au moment où le Front populaire ivoirien a besoin de sursaut, de résister à ce qui arrive… Donc, nous sommes encore ensemble. Et nous allons nous battre, en 2026 », a-t-il rassuré ses partisans sur le fait qu’il ne les abandonnera pas, en raison de rumeurs qui ont circulé à ce sujet.
Le secrétaire général et porte-parole du Fpi, Gnépa Barthélémy, a passé en revue l’année 2025 et les difficultés rencontrées par sa formation politique. Il a pris un engagement ferme, au nom des militants et cadres du Fpi, parti issu de la gauche ivoirienne. M. Gnépa s’est adressé à Pascal Affi N’guessan. « Que cette année 2026 soit aussi celle de la consolidation des structures et de l’engagement continu des animateurs de notre formation politique… Camarade président, en ce début de l’année nouvelle, nous, les responsables de la direction du Fpi, des Conseils politiques régionaux (Cpr), des fédérations, des sections, des structures spécialisées, ainsi que l’ensemble des militants, tenons à vous réaffirmer notre disponibilité constante et notre engagement sans réserve à œuvrer, dans la discipline et la détermination, pour le rayonnement du Fpi et le renforcement de sa présence sur l’ensemble du territoire national », a-t-il dit.