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Le film revient sur l’année 1973, lorsque Houphouët-Boigny, tout en soutenant financièrement l’ANC de Mandela, choisit d’ouvrir le dialogue avec le régime ségrégationniste de Pretoria. Une stratégie diplomatique à contre-courant, que Serge Bilé invite à relire à la lumière des débats contemporains. « Les jeunes générations doivent savoir pourquoi ces choix ont été faits et quelles en ont été les conséquences », a déclaré Serge Bilé
Au-delà des décisions politiques, « Thérèse et Mandela » explore une dimension plus intime. Après la disparition d’Houphouët-Boigny en 1993, Mandela, devenu président d’Afrique du Sud, entretient une relation particulière avec Marie-Thérèse Houphouët-Boigny. L’invitation de cette dernière à Pretoria en 1996 illustre, selon Serge Bilé, « une continuité entre deux histoires humaines et collectives ».
Ce long-métrage questionne ainsi la place de la mémoire, de la réconciliation et de l’héritage diplomatique ivoirien dans l’histoire africaine. « Au-delà de la politique, il s’agit d’histoires partagées, de relations faites de respect et de solidarité », souligne le réalisateur.
Figure reconnue du journalisme et de la culture, Serge Bilé a déjà marqué les esprits avec la dernière interview filmée de Félix Houphouët-Boigny, la comédie musicale « Soweto » ou encore le documentaire « Les Sept Femmes de Félix Houphouët-Boigny ». Avec « Thérèse et Mandela », il poursuit son travail de mémoire en offrant un regard croisé sur la diplomatie et l’humanité.
« Ce qui se passe aujourd’hui est le résultat de ce qui s’est passé hier. J’aimerais que les jeunes s’approprient cette histoire », conclut-il, appelant à tirer des leçons du passé pour éclairer l’avenir.
E.KOUAKOU