L’Espace Kouakou Yao, transformé en véritable théâtre à ciel ouvert, a accueilli une riche programmation : Activités sportives (football, cross populaire, courses de vitesse), Jeux traditionnels et concours culturels (beauté moderne et traditionnelle), concours culinaire, épreuves de connaissance en langue baoulé ; actions sociales, encouragement à l’excellence scolaire avec remise de kits aux meilleurs élèves. Les festivaliers n’ont eu aucun répit, entre compétitions enflammées et moments de partage dans la tradition locale.
Créé en 2016 par Kouakou Kouamé Ambroise, fils du village et président-fondateur de l’Institut de Formation Sainte Marie (Ifsm) à Abidjan, Ahodji Vacances avait pour but initial de réunir les fils et filles du village autour d’un cadre de fraternité. Au fil des éditions, l’événement a pris de l’ampleur, devenant un espace privilégié de réflexion sur le développement local, le renforcement des liens familiaux et la promotion culturelle. « Voilà la quintessence de cette initiative : rassembler pour mieux avancer », explique le parrain.
Cette 8e édition a confirmé l’élargissement de la fête. Désormais, ce rendez-vous dépasse Ahodji et la tribu Goussan pour toucher également la tribu Assinzé et l’ensemble du canton. Les populations des villages voisins s’y associent, témoignant de l’importance croissante de l’événement. « Nous avons commencé petit, mais aujourd’hui, des parents et amis viennent de Tabou, Sinfra, Daloa, Toumodi et même d’Abidjan. Tout le monde y trouve un intérêt, et c’est ce qui motive à continuer », souligne Kouakou Kouamé Ambroise.
Parmi les temps forts, les concours de beauté (Miss, Awoulaba et “plus bel homme en tenue traditionnelle) ont séduit le public par leur originalité et la créativité des participants. La ferveur était telle que la pluie tombée les 16 et 17 août n’a pas découragé les festivaliers, bien décidés à vivre pleinement l’expérience. Au-delà de la réjouissance, Ahodji Vacances se veut aussi un canal de sensibilisation. « Cette fête attire les populations sur la place publique pour leur transmettre des messages de développement. C’est avant tout pour leur bien », rappelle Kouakou Kouamé Ambroise, qui a également récompensé les lauréats et offert des lots aux participants afin de motiver une large adhésion pour les éditions à venir.
La pluie, un signe de bénédiction
Si la pluie a perturbé certaines animations dans la nuit du samedi, elle a pris une tout autre signification le dimanche soir. Elle est apparue comme un signe divin. Les concours Miss et Awoulaba, exceptionnellement combinés, se sont déroulés devant un public nombreux resté jusqu’à la fin malgré l’humidité. Pour Kouakou Kouamé Ambroise, cette pluie n’était pas un obstacle mais un signe : « Dieu a vu que ses fils menaient une bonne activité. Il ne pouvait pas encore envoyer une pluie qui viendrait saborder la fête. Il a dosé, et quand nous avons terminé, c’est à ce moment que la pluie est revenue. »
Dans une région rurale où l’eau est vitale pour l’agriculture, ce phénomène a été perçu comme une bénédiction. « Voilà plus de trois mois qu’il n’avait pas plu ici. Nous sommes venus distraire la population, et en même temps, nous avons apporté la pluie. C’est une coïncidence heureuse », a souligné l’initiateur. Pour l’organisateur, ce signe du ciel annonce un avenir prometteur : « La pluie n’est pas venue pour nous déranger, mais pour couronner le succès de l’activité. Avec elle, on dirait qu’Ahodji Vacances est parti pour durer encore des années. Nous rêvions d’un carnaval, maintenant nous pensons à un véritable festival d’Ahodji. ».





J.F.PAGNI