La police népalaise a lancé vendredi une alerte aux inondations après avoir été informée de la rupture sur le territoire chinois du Tibet d’un lac créé par l’effondrement du glacier, à l’origine il y a deux jours, de la crue dévastatrice qui a fait au moins 552 morts. Il contient plus de deux millions et demi de mètres cubes d’eau et menace les villages en contrebas.
« Nous avons été informés de la rupture d’un lac sur le versant tibétain », a déclaré la police sur X. « Nous demandons à toutes les équipes de sécurité et de sauvetage et au public de rester en alerte, de se mettre immédiatement en lieu sûr et de rapporter tout éventuel incident », a-t-elle poursuivi. Dans la foulée de cette alerte, l’autorité népalaise en charge de la gestion des situations d’urgence a confirmé vendredi que le débit du fleuve qui avait débordé mercredi avait « légèrement augmenté ».
Des « opérations de secours extrêmement difficiles »
Côté chinois, les secours ont suspendu les opérations de recherche et d’évacuation de locaux et de touristes au cœur de la zone dévastée. La direction chinoise a souligné les dangers planant sur ces opérations, lors d’une réunion conduite par le président Xi Jinping : « La zone est parsemée de glaciers, de lacs glaciaires et de risques géologiques majeurs, ce qui rend les opérations de secours extrêmement difficiles », ont dit les dirigeants cités collectivement par l’agence Chine Nouvelle.
Les informations en provenance de Chine disent que la retenue a commencé à déborder, mais aucune information n’indique pour l’instant qu’elle aurait lâché, ce qui pourrait occasionner un nouveau sinistre grave, selon les mises en garde officielles chinoises. « Toutes les équipes de secours ont donc reçu l’ordre de ne pas bouger et d’attendre de nouvelles instructions », a-t-il dit. Le bilan humain réel côté chinois demeure incertain également : Pékin ne fait état que de cinq morts et fournit peu d’informations sur les zones touchées.
Près de 93 000 personnes pourraient être affectées par les inondations
Les secours de la région autonome chinoise du Tibet sont également arrivés vendredi dans la zone principale touchée par la crue, ont annoncé les médias d’État chinois. Ce sont les premières équipes professionnelles à atteindre le cœur du site, a indiqué l’agence étatique Chine nouvelle.
Selon un nouveau bilan communiqué vendredi 28 août par la télévision d’État chinoise, la coulée de boue a fait cinq morts et 584 disparus – parmi lesquels 260 étrangers, touristes ou pèlerins – côté tibétain. Tandis que le Népal compte au moins 579 morts et plus de 900 personnes disparues, dont notamment des ressortissants indiens, ukrainiens, malaisiens, britanniques, canadiens ou australiens, selon les autorités.
Près de 93 000 personnes pourraient avoir été affectées par les inondations meurtrières qui ont frappé cette région frontalière entre le Népal et le Tibet, a indiqué la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), craignant que le bilan humain ne s’alourdisse.
« Des corps découverts à 80 kilomètres » de la catastrophe
Sept corps de victimes présumées de la crue népalaise ont par ailleurs été récupérés plusieurs dizaines de kilomètres en aval dans l’État indien frontalier de l’Uttar Pradesh, a-t-on appris auprès des autorités locales, qui tentent d’établir leurs identités.
Selon Jasmine Kansakar, qui travaille à Katmandou pour Base Camp Trek, une agence francophone qui organise des expéditions au Népal et au Tibet, notamment dans les zones touchées, l’« intensité de destruction est impressionnante » et « émeut tous les Népalais », d’autant que « des corps ont été découverts à 80 kilomètres » de la catastrophe.
Avec RFI