Les huit autres dirigeants, de Demetrius Vikelas (Grèce) en 1894 à Thomas Bach (Allemagne) depuis 2013, étaient tous issus du Vieux Continent. Alors que l’élection du prochain président du CIO se tiendra dans quelques jours en Grèce, la question de l’ouverture à un candidat non-européen se pose avec acuité.
Face aux défis contemporains du mouvement olympique – mondialisation, inclusivité, diversité culturelle et développement du sport dans toutes les régions du monde – l’élection d’un président hors du cercle européen constituerait une avancée historique et une opportunité de rééquilibrer les rapports de force au sein de l’institution.
Une gouvernance représentative du monde olympique
Le mouvement olympique s’est considérablement mondialisé depuis ses débuts. Si les premiers Jeux Olympiques modernes étaient centrés sur l’Europe, les éditions récentes illustrent une diversité géographique croissante.
Six continents accueillent désormais les Jeux : après l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie, l’Afrique a organisé ses premiers Jeux Olympiques de la Jeunesse en 2026 à Dakar. Plus de 200 Comités Nationaux Olympiques (CNO) sont affiliés au CIO, dont une majorité provient d’Asie, d’Afrique, des Amériques et d’Océanie.
Malgré cette diversité croissante, la gouvernance du CIO reste largement dominée par l’Europe. Un président non-européen incarnerait une représentation plus équilibrée et donnerait aux nations émergentes du sport mondial une voix plus forte dans la prise de décision.
Une vision différente et innovante
Un président issu d’un continent sous-représenté apporterait une perspective nouvelle et adaptée aux réalités locales. Par exemple :
En Afrique : un président africain pourrait mieux comprendre et soutenir le développement des infrastructures sportives, la formation des athlètes et la promotion des valeurs olympiques sur un continent qui aspire à accueillir les Jeux Olympiques.
En Asie : un dirigeant asiatique serait en mesure de tirer parti de la croissance économique et de l’enthousiasme croissant pour le sport dans la région, comme l’a montré le succès des Jeux de Pékin 2008 et de Tokyo 2021.
En Amérique Latine ou au Moyen-Orient : un président de ces régions renforcerait les initiatives locales pour l’accès au sport et l’intégration sociale à travers les valeurs olympiques.
Une telle diversité à la tête du CIO encouragerait des politiques inclusives et favoriserait l’expansion des Jeux Olympiques dans des régions jusqu’ici marginalisées.
Une réponse aux critiques sur l’Eurocentrisme du CIO
Le CIO a souvent été critiqué pour sa gestion perçue comme eurocentrée et parfois déconnectée des réalités des nations du Sud. Cette domination européenne alimente le sentiment que certaines régions du monde sont exclues des grandes décisions.
Un président non-européen pourrait : réduire les inégalités dans l’accès aux compétitions olympiques, promouvoir des politiques sportives globales, équitables et adaptées aux besoins spécifiques des pays en développement, diversifier les lieux d’accueil des Jeux Olympiques et valoriser les cultures locales, renforcer la Légitimité et l’Image du Mouvement Olympique
Dans un contexte où les grandes institutions sportives sont sous pression pour adopter des pratiques plus transparentes et inclusives, élire un président non-européen permettrait au CIO de montrer son engagement pour l’égalité des chances : donner à toutes les régions du monde la possibilité de jouer un rôle clé dans la gouvernance olympique, la diversité culturelle : reconnaître que les valeurs olympiques transcendent les frontières et les traditions, l’innovation : profiter des expériences locales pour apporter de nouvelles approches aux enjeux contemporains (durabilité, inclusion, digitalisation).
Des candidats crédibles et légitimes hors d’Europe
Parmi les candidats déclarés à la succession de Thomas Bach, plusieurs figures non-européennes possèdent des profils remarquables : Kirsty Coventry (Zimbabwe) : ancienne nageuse médaillée olympique et ministre des Sports, elle incarne la jeunesse africaine et défend des politiques pour la protection des athlètes.
Prince Feisal Al Hussein (Jordanie) : membre influent du CIO et défenseur de l’égalité des genres et de la paix par le sport au Moyen-Orient.
Leur élection enverrait un message fort sur la capacité du CIO à embrasser le changement et à valoriser l’ensemble des continents.
Une Opportunité historique pour le CIO
En 2025, l’élection d’un président non-européen serait un tournant historique pour le Comité International Olympique. Ce choix renforcerait, la représentation globale et l’équilibre géographique, une vision inclusive et innovante face aux défis du XXIe siècle et la légitimité et la crédibilité d’un mouvement qui se veut universel.
Pour le CIO, choisir un dirigeant issu d’une autre région du monde serait bien plus qu’un symbole : ce serait l’affirmation d’un engagement réel pour une gouvernance plus juste et plus équitable au service de toutes les nations olympiques.
J.F.PAGNI