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Le Pdci-Rda s’est officiellement engagé, le 19 juin dernier, dans un front commun avec le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (Ppa-Ci) présidé par Laurent Gbagbo. Or, le parti de Tidjane Thiam est déjà le leader de la Coalition pour l’alternance pacifique en Côte d’Ivoire (Cap-Ci) qui regroupe plus d’une vingtaine de partis et groupements politiques dans l’opposition ivoirienne. Et parmi ces formations politiques membres de la Cap-Ci, il y a le Mouvement des générations capables (Mgc) présidé par Simone Ehivet Gbagbo, ex-épouse de Laurent Gbagbo, porte-parole de la Cap-Ci.
Sur cette présence au sein de la Cap-Ci et le nouveau front commun créé avec le Ppa-Ci, toujours pour revendiquer des réformes électorales, Tidjane Thiam a fait des éclairages. « Ce qu’il faut comprendre, c’est que c’est un dispositif à deux (2) volets. L’opposition est unie. Le point fondamental, c’est que l’opposition est désormais unie face au pouvoir avec deux sensibilités ou deux branches : le front commun avec le Ppa-Ci et le Pdci-Rda, et d’un autre côté Cap-Ci avec le Pdci-Rda, le Cojep, le Fpi, le Mgc de Mme Gbagbo et beaucoup d’autres partis, tous unis pour un changement de régime et une alternance pacifique en Côte d’Ivoire », a-t-il fait comprendre.
Hors du pays, le leader du Pdci-Rda dont l’absence reste prolongée, par « prudence », a situé les enjeux de ces alliances politiques pour faire partir le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) du pouvoir, par les urnes, à l’issue de la prochaine présidentielle. « Ça montre la gravité de la situation parce que ce n’est un secret pour personne que les différents partis dans ces recoupements ont des idéologies différentes. Mais il s’agit du pays. Il s’agit de sauver la Côte d’Ivoire, de mettre la Côte d’Ivoire dans le camp des démocraties en Afrique », a-t-il souligné, tout en relevant que les pays qui sont stables en Afrique de l’Ouest, notamment « le Sénégal, le Ghana, le Libéria », sont ceux qui ont connu une « alternance démocratique ».
Cas Joël N’guessan, Innocent Yao
Un autre pan de cette émission a porté sur les récentes arrestations de l’ex-ministre des Droits de l’Homme, Joël N’guessan, cadre du Rhdp, et Innocent Yao, cadre du Pdci-Rda, entre autres. Tidjane Thiam a livré sa position sur ces affaires judiciaires. « Pour moi, c’est toujours malheureux que des gens soient arrêtés pour des dénis d’opinion. Et puis il y a une atmosphère un peu délétère… Tout ça n’est pas très heureux. On m’a informé aujourd’hui que la Côte d’Ivoire est le 3e pays en termes de demandes d’asile politique maintenant en France. Ça me chagrine », a-t-il indiqué.
Joël N’guessan a été déféré devant le parquet, le 19 juin dernier, puis placé sous mandat de dépôt, suite à une interview à un média. Il avait mis en cause la responsabilité des magistrats dans d’éventuels troubles en Côte d’Ivoire. Dans un communiqué, le procureur de la République a mentionné que les propos de l’ancien ministre jetaient « le discrédit sur des décisions de justice et sur l’institution judiciaire dans son ensemble » et « sont constitutives de faits prévus et punis » par le code pénal.
Quelques jours avant Joël N’guessan, Innocent Yao, responsable de la jeunesse rurale du Pdci, était arrêté. D’après les informations relayées par le parquet, il est poursuivi pour atteinte à la sûreté de l’État, destruction de biens publics et terrorisme, en lien avec la désobéissance civile en 2020.
Dans sa dernière sortie, le président du Pdci-Rda a répondu à une interrogation sur des attaques de cadres du Rhdp le visant, en particulier sur la question controversée de sa nationalité. « Il y a des gens dans ce camp-là qui me connaissent, on ne les entend pas m’injurier ni m’insulter. Les injures viennent d’un quatuor, principalement de gens qui m’injurient quotidiennement depuis des mois. Il faut que les Ivoiriens sachent, qu’ils demandent à ces gens où et quand ils m’ont rencontré… Moi je ne parle pas de gens que je ne connais pas… Tout ça, c’est un spectacle assez indigne qu’on donne de notre pays, et ça me chagrine », a-t-il dit.
M. Thiam a aussi mis en garde les uns et les autres contre toutes violences verbales et physiques en 2025, dans le cadre du processus électoral. « Je veux simplement attirer l’attention sur le fait que ceux qui pensent qu’ils vont essayer de se sortir de la situation par la violence se trompent », a-t-il affirmé.
Eric KOUAKOU