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Massive. C’est ainsi qu’Alassane Ouattara veut la victoire du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) aux élections législatives du 27 décembre. Le cercle présidentiel vise au moins 80 % des sièges à l’Assemblée nationale. Un score destiné à asseoir son autorité au moment d’entamer son quatrième mandat.
À l’issue du scrutin, le chef de l’État prévoit un remaniement en profondeur du gouvernement et de plusieurs postes stratégiques de l’appareil d’État. Dans son viseur : la montée en puissance de son frère et homme de confiance, Téné Birahima Ouattara, alias « Photocopie », investi dans la très politique commune d’Abobo, l’une des plus peuplées d’Abidjan. Ce passage par les urnes vise à consolider sa légitimité politique. Une fois élu député, il paraît très improbable qu’il soit maintenu à la Défense. Un portefeuille plus central lui est promis et plusieurs noms circulent déjà pour lui succéder (AI, 08/12/2025).
Un temps, Alassane Ouattara a envisagé de porter son frère au perchoir de l’Assemblée nationale, occupé par Adama Bictogo. S’il demeure des tensions entre les deux hommes, le patron du Parlement – maire de la commune stratégique de Yopougon, où il est également candidat à la députation – a su se rendre incontournable. Très actif durant la campagne, consensuel jusque dans certains rangs de l’opposition, il pourrait finalement conserver son fauteuil, malgré les pressions d’une partie du premier cercle hostile à son maintien.
Changement à la primature ?
Désormais, la piste étudiée par Alassane Ouattara conduit « Photocopie » plutôt à la primature. Le chef de l’État souhaite un contrôle accru de l’action gouvernementale et considère que la fonction de premier ministre offrirait à son frère le meilleur tremplin pour s’imposer comme pilier du régime durant ce nouveau quinquennat. Téné Birahima Ouattara pourrait ainsi succéder à Robert Beugré Mambé. Ce dernier, discret et loyal, a joué le rôle d’équilibriste sans agenda personnel apparent.
En cas de départ, Robert Beugré Mambé pourrait glisser vers la vice- présidence, mais avec un périmètre réduit par rapport à celui de l’actuel titulaire, Tiémoko Meyliet Koné. Longtemps perçu comme potentiel dauphin, il a vu son étoile pâlir, fragilisé par les ambitions prêtées notamment à son entourage (AI, 30/05/2025), et pourrait être le grand perdant des manœuvres en cours.
Le chef de l’État entend aussi gratifier plusieurs piliers du dispositif Rhdp qui se sont mobilisés durant la campagne. Patrick Achi pourrait voir son influence légèrement renforcée. Au Palais, les fidèles Masséré Touré, secrétaire générale et nièce du président, et Fidèle Sarassoro, directeur de cabinet, resteront aux avant-postes.
À l’inverse, certains « historiques » pourraient faire les frais de cette recomposition, à l’image d’Ally Coulibaly : l’ex-ministre des Affaires étrangères, aujourd’hui Grand chancelier, est annoncé sur le départ. Porté par la majorité qu’il anticipe à l’Assemblée, Alassane Ouattara réfléchit également à une révision constitutionnelle touchant à plusieurs dispositions clés.
Source : Africa Intelligence (AI)
N.B. : Les titres sont de la rédaction