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La décision de célébration de la tenue traditionnelle ghanéenne fait suite à un vif débat en ligne provoqué par des commentaires railleurs assimilant le « fugu » à un chemisier ou à une robe de ballerine portée par des hommes ghanéens. Le président John Mahama arborait cette tenue lors de sa marche aux côtés de son homologue zambien, Hakainde Hichilema, à l’occasion de la visite d’État effectuée la semaine dernière à Lusaka. Peu familiers de cet habit traditionnel, certains Zambiens avaient ironisé sur le fait que le président Mahama semblait « étrange dans un chemisier féminin ».
Les Ghanéens ont vivement défendu le « fugu », qu’ils décrivent comme un symbole de royauté, invitant les Zambiens à mieux se renseigner sur les cultures africaines avant de les tourner en dérision. Dans un souci d’apaisement face aux réactions suscitées, le président Hichilema a promis d’acquérir cette tenue et de la porter publiquement afin de témoigner de son attachement à la culture du pays ouest-africain.
Le président Mahama s’est, pour sa part, engagé à envoyer « des lots de fugu » en Zambie. Les autorités ghanéennes ont franchi une étape supplémentaire en déclarant le « fugu » tenue nationale officielle chaque mercredi, et ce pour une durée indéterminée.
La ministre du Tourisme, Abla Dzifa Gomashie, a expliqué que l’initiative vise à mettre en lumière, sur la scène internationale, le « fugu » comme symbole de royauté et de fierté nationale.
Également appelé localement « batakari », le « fugu » est un tissu traditionnel en coton, confectionné à la main, originaire du nord du Ghana. Il est porté aussi bien par les chefs traditionnels et les notables que par des citoyens séduits par la diversité de ses motifs et de ses couleurs. « Le gouvernement espère que cette adoption collective du fugu renforcera l’unité nationale, stimulera l’économie créative et constituera un puissant symbole de la confiance culturelle et de l’expression identitaire du Ghana », a déclaré Mme Gomashie.
Selon elle, une valorisation accrue du « fugu » permettra également de soutenir les tisserands locaux, les artisans et l’ensemble des acteurs de la chaîne de production.
Le premier président du Ghana, Kwame Nkrumah, portait un « fugu » lorsqu’il proclama l’indépendance du pays en 1957.
De nombreux Ghanéens ont déjà répondu à l’appel de la ministre en arborant cette tenue traditionnelle, certains proposant même l’instauration d’un « Fugu Friday ».
APA