C’est une décision qui s’inscrit dans le cadre d’une vaste réorganisation interne des instances du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire au lendemain du premier congrès ordinaire.
Lundi, Laurent Gbagbo fraîchement reconduit à la tête du parti a décidé de la révocation des cadres et militants membres de la quasi-totalité des instances du parti. Selon le document signé par l’ancien chef de l’État, cette mesure répond à « la nécessité de permettre une réorganisation efficace des organes centraux du parti ». La décision s’appuie notamment sur les statuts et le règlement intérieur du PPA-CI, ainsi que sur « les nécessités de service ».
La restructuration touche plusieurs commissions stratégiques du parti. Sont notamment concernés les membres de la Commission finances, de la Commission logistique, de la Commission protocole, ainsi que ceux de la Commission électorale et applications numériques.
Le texte prévoit également la révocation de tous les représentants du parti à l’étranger, signé d’une volonté de reprise en main globale de l’appareil politique par la nouvelle direction issue du congrès. Il s’agit notamment des présidents de la Commission électorale et applications numériques, de la Commission communication et organisation des manifestations (CCOM), de la Commission finances, de la Commission logistique ainsi que de la Commission protocole.
Selon la décision, le président de la Commission finances assurera « temporairement la gestion de l’administration du parti ». Cette vague de révocations intervient dans un contexte de recomposition interne au sein du PPA-CI. Depuis quelques semaines, le parti fait face à quelque soubresauts internes liées à la décision du parti de boycotter les élections présidentielles et législatives d’octobre et décembre 2025.
Le premier congrès ordinaire organisé les 14 et 15 mai dernier avait notamment été marqué par l’exclusion de plusieurs figures du parti des travaux du congrès, dont l’ancien premier vice-président Stéphane Kipré, Ahoua Don Mello, Prince Arthur Dally et autres Fernand pour indiscipline.
A l’issue de ces assises ces sanctions se sont muées en radiation définitive pour certains, c’est le cas pour Ahoua Don Mello, Antoine Kangah et Fernand Ahilé, et de suspension à des périodes allant de 12 à 18 mois. Lors de son adresse aux militants de son parti, le 16 mai dernier à l’occasion de la célébration de la fête de la renaissance, Laurent Gbagbo toujours à la barre a annoncé qu’il délèguera ses pouvoirs, précisant que cela ne signifie pas « qu’il a nommé son successeur ».
À travers cette réorganisation, Laurent Gbagbo semble vouloir renforcer le contrôle de la direction sur les structures du parti et préparer une nouvelle phase de fonctionnement politique. Le parti, dans sa configuration précédente a connu des débâcles lors des échéances présidentielles, législatives et municipales.
Eric KOUAKOU