Devant un large éventail d’acteurs du football national composé de dirigeants de clubs, responsables de ligues et de districts, joueurs et joueuses, entraîneurs, éducateurs, arbitres, partenaires, médias, supporters et bénévoles, le candidat unique à sa propre succession, a manifesté sa volonté de rempiler à la tête de la Fif. Il a choisi un slogan qui résume son ambition : « Transformer pour durer 2026-2030 ».
Devant son auditoire venu découvrir les grandes lignes de son projet pour les quatre prochaines années, Yid a d’abord défendu son bilan. Élu en 2022 dans un contexte qu’il a qualifié de particulièrement difficile, le président sortant estime avoir réussi à restaurer la stabilité et la confiance au sein de la Fédération. « En 2022, vous nous avez accordé votre confiance dans un contexte particulièrement difficile. Notre fédération sortait d’une période de turbulence. Notre football avait besoin de stabilité, de confiance, de cohésion et d’une nouvelle dynamique », a-t-il rappelé.
Pour lui, les quatre années écoulées ont permis de consolider l’institution, de renforcer l’accompagnement des clubs et de poursuivre les efforts en matière de formation. Le bilan sportif constitue également l’un des principaux arguments de sa candidature. Le président de la Fif a cité l’organisation de la Can 2023 en Côte d’Ivoire, remportée par les Éléphants, ainsi que le retour de la sélection nationale à la Coupe du monde et sa qualification historique pour le second tour.
Des résultats qu’il attribue à l’ensemble de la famille du football ivoirien. « Ces résultats appartiennent à toute la Côte d’Ivoire », a-t-il insisté, saluant le travail des joueurs, clubs, entraîneurs, éducateurs, arbitres, ligues, districts, partenaires, médias, supporters ainsi que l’accompagnement de l’État. Mais pour le président sortant, le prochain mandat ne devra pas être celui de la simple gestion des acquis. « Le football ivoirien a changé : ses ambitions ont grandi, ses exigences aussi. Nous ne pouvons plus nous contenter de gérer nos acquis », a-t-il déclaré. Son projet 2026-2030 repose ainsi sur six transformations majeures.
Des clubs plus solides
Le candidat veut professionnaliser davantage les clubs ivoiriens. Il ambitionne de les rendre mieux structurés, mieux gérés et surtout plus autonomes financièrement. L’objectif est de permettre aux clubs de développer leurs propres ressources, de séduire davantage de partenaires, de fidéliser leurs supporters et d’investir dans leurs infrastructures et leurs joueurs.
Des compétitions plus attractives
Deuxième priorité : moderniser les championnats et les coupes. Billetterie numérique, amélioration de l’expérience des supporters et renforcement de la sécurité dans les stades figurent parmi les pistes annoncées. La Fif veut également miser sur le numérique avec Fiftv, appelée à devenir une nouvelle vitrine pour le football ivoirien.
Détecter et accompagner les talents
La formation des jeunes reste au cœur du projet. Yacine Idriss Diallo entend renforcer l’action de la Direction Technique Nationale dans les régions et multiplier les compétitions de jeunes. L’accompagnement médical et social des jeunes talents devrait également être renforcé. « Notre responsabilité est de les détecter, de les former et de les accompagner », a-t-il affirmé.
Faire du football féminin une référence africaine
Le football féminin bénéficie d’une place particulière dans le programme. Le candidat promet de renforcer les compétitions, de développer les catégories de jeunes et de soutenir davantage les centres de formation. À terme, il annonce la création d’une ligue professionnelle féminine, avec une ambition clairement affichée : faire du football féminin ivoirien « une référence en Afrique ».
Une Fif plus moderne et transparente
Sur le terrain institutionnel, Yacine Idriss Diallo veut poursuivre la modernisation de la Fédération. Il promet une FIF « plus moderne, plus transparente, plus dynamique et plus performante », avec notamment un renforcement des mécanismes de contrôle et de la reddition de comptes.
La performance comme objectif final
Toutes ces réformes doivent, selon lui, servir un même objectif : gagner et durer. Le candidat veut des sélections nationales encore plus performantes et des clubs capables de mieux rivaliser dans les compétitions africaines. « Nous voulons des sélections nationales plus performantes, des clubs ivoiriens plus compétitifs sur la scène africaine, faire de l’excellence une culture et de la victoire une exigence », a-t-il martelé.
Pour sa campagne, le candidat entend également jouer la carte du collectif. « Notre projet n’est pas celui d’un homme, mais celui d’une équipe », a-t-il déclaré, appelant l’ensemble des acteurs à poursuivre la dynamique engagée. Le président sortant veut surtout inscrire son action dans la durée. « Nous avons un devoir : ne pas seulement transmettre un football qui gagne aujourd’hui, mais construire un football capable de gagner demain et pour longtemps », a-t-il lancé. Avant de conclure par une formule qui donne le ton de sa campagne : «C’est cela, transformer pour durer. »
En clair, après avoir revendiqué la stabilité et les résultats de son premier mandat, Yacine Idriss Diallo veut désormais convaincre autour d’un nouveau pari, celui de la transformation et de la performance durable du football ivoirien.
Eric KOUAKOU