|
Getting your Trinity Audio player ready...
|
Les attaques contre la légitimité de cette Age ont été nombreuses. D’un côté, Nemégnan et Zéhi Sébastien, deux figures du mouvement contestataire, avaient saisi la Fédération ivoirienne de football (Fif) pour faire annuler la réunion. Leur requête a été rejetée. La Fif a considéré que leurs arguments n’étaient « pas fondés » et a confirmé la régularité de la convocation. Mieux encore, elle a dépêché un représentant officiel, Me Dirabou Erickson, pour y assister, entérinant de facto la légitimité de la démarche.
De l’autre, une action en justice menée par Me Aka Narcisse et Sangaré Mamadou a également échoué. Le premier, non membre statutaire du club, n’avait aucune qualité juridique pour agir. Le second, bien que membre du Comité exécutif, n’était pas à jour de ses cotisations, une irrégularité rédhibitoire. La justice n’a donc pas donné suite. Sur le terrain du droit comme sur celui du règlement interne, Kuyo Téa a marqué des points.
Au-delà de la victoire procédurale, le contenu même de l’Age du 3 août a permis à Kuyo Téa de renforcer son autorité, tout en répondant aux critiques sur le flou réglementaire. Trois réformes majeures ont été adoptées. Dorénavant, les nominations aux Commissions électorale et juridictionnelle devront être validées collectivement par l’Assemblée générale. Une mesure perçue comme un gage de transparence et de gouvernance collégiale (Article 5.1). L’Ago annuelle, auparavant fixée en octobre, aura désormais lieu en fin de saison, au plus tard 48h avant le début du nouveau championnat. Ce changement vient mettre fin aux polémiques sur le timing des assemblées passées (Article 5.6 ). Un cadre clair est désormais posé pour la représentation par procuration en Ag, conditionnée à la régularité statutaire du mandant et du mandataire. Objectif : mettre fin aux pratiques opaques de contournement des votes (Article 5.9, nouveau).
Ces ajustements, selon Me Zébé Guillaume, premier vice-président en charge des affaires juridiques, sont autant de signaux de la volonté du président Kuyo Téa d’instaurer un fonctionnement plus rigoureux et plus transparent. Cette démonstration de force intervient dans un contexte tendu. Le 8 juillet dernier, un collectif de supporters mené par le Comamas (Comité des membres associés mobilisés d’Abidjan Sud), emmené par Adolphe Konan, tenait une conférence de presse pour demander la démission de Kuyo Téa, l’accusant de blocage statutaire, d’opacité, et d’inefficacité sportive.
Mais en répondant concrètement aux critiques (notamment sur l’absence de textes validés en Ag) par une réforme statutaire d’envergure, le président prend ses opposants à contre-pied. Il ne se contente plus de défendre sa position, il structure son pouvoir et réorganise le club.
Eric KOUAKOU